
Texte issu d’un RP collaboratif (Cendres – Froide Punition, PV Aesir). Publication à titre d’archive personnelle. Ce texte est composé exclusivement de passages écrits par moi-même. Les réponses des autres joueurs ne sont pas reproduits .
Le Berceau, endroit séparant le Reike et Shoumei, une île aride sans aucune végétation apparente et renfermant des secrets bien gardés. Au centre de cet endroit se trouve une forteresse anti-magie, imposante et gigantesque. Gardée par de nombreux gardiens et quelques akkelanaks dont je fais parti. La titanide Zei est prisonnière, ne pouvant s’échapper de sa prison d’adamantite et des chaînes en barre du roi, sa magie réduite à néant. A chaque fois que je passe devant, je repense à notre combat contre le titan Kazgoth, vaincu. Le nombre de morts est indénombrable suite à cette attaque, bien que l’empereur Tensai et l’impératrice Ayshara étaient sur le champ de bataille, les soldats se faisaient écraser, démembrer, lapider a vu d’œil. Kazgoth était infernal, un titan de la pire espèce ayant ôté la vie à des innocents, dont celle de mon fils.
Lorsque je jette un œil devant la prison d’adamantite, ma haine grandit de jour en jour, les poings serrés et prêt à dégainer mes lames. Je n’attends qu’une seule chose : l’anéantir. Bien que meurtri par la mort de mon fils, je tiens à honorer sa mémoire en jurant détruire d’autres titans comme Kazgoth. Zei reste en vie, pour l’instant. Je souhaite arracher la tête de cette Bête, un animal aux traits humanoïdes sans aucune once d’humanité. Je ne comprends pas comment des hommes et des femmes prient pour ces cauchemars ambulants. Ne comprennent-ils pas que nous ne sommes pas les jouets de ces entités démoniaques ? Pire que des démons, les titans sont du poison qui se répandent sur Sekaï. Et nous, Reikois, en sommes l’antidote.
Draksang Feunoyr m’interpelle un soir et me tend une lettre envoyée du couple royal, il semblerait que des groupes d’individus se rassemblent, des fanatiques des titans. Loin dans les terres du Nord siège un groupuscule et ceux-ci sont en train de préparer un arsenal assez conséquent, souhaitant libérer Zei du Berceau. Depuis le retour des titans il y a quasi trois ans, les terres shoumeiennes ont été dévastées et bon nombre de civils se sont laissés embrigader dans des groupes occultes. Préférant vouer leur corps et leur âme dans un culte qui bafoue toute logique. La foi est quelque chose que je répugne. Tout ce qui compte, ce sont les actes, la bravoure, l’intelligence et la sagesse et non pas une prière pour des êtres semant la mort et le chaos.
— Par ordre du couple royal, vous serez amené à vous rendre dans les terres du Nord. Allez en direction de Givrefeux, là-bas s’y trouve un avant-poste, vous serez amené à démanteler ce groupuscule et détruire tout leur équipement. Vous ne serez pas seul, déclara formellement Draksang.
— Uhmmm. Bien.
— La femme qui dirige Givrefeux se nomme Sullie Gerak. Vous devrez la rejoindre une fois sur place. Normalement, elle est au courant de la situation. Votre présence est requise et vous me ferez un rapport lorsque vous rentrerez. Zei est notre priorité. Cette mission devrait être du menu fretin, Aesir.
— Uhm.
Sans un mot de plus, je prépare le strict minimum pour partir en expédition jusque dans les terres du Nord. Le Berceau est un endroit reculé et pour pouvoir traverser la mer intérieure, il me faut prendre une barque. Les lames dans mon dos ainsi que ma hache, portant une fourrure sur les épaules ainsi que mon armure de cuir et de métal, je presse le pas jusqu’à rejoindre le point d’eau le plus proche de la position de la forteresse. Je traîne une barque en bois par une corde que je tire tout le long du voyage jusqu’au bord du rivage. Une fois la barque à l’eau, une pagaie en main, me voilà en route vers Givrefeux.
Je suis passé par Ikusa pour emprunter un chemin menant vers la garnison du dix-neuvième, ne faisant qu’une brève halte le temps de récupérer quelques victuailles. Personne ne reconnaît l’un des soldats ayant bravé Kazgoth, dans tous les cas, les soldats d’élite ne sont que les armes du pays et ne souhaitent nullement la gloire. Le voyage se fera sans encombre, peu de monde emprunte ces chemins et si quelques géomis se trouvaient sur le chemin, celles-ci ne restèrent pas en vie bien longtemps.
La garnison est enfin visible, après deux semaines de voyage, me voilà arpentant les terres enneigées du nord. Les murs ne paient pas de mine comparés à ceux du Berceau. L’avant-poste est un endroit stratégique, permettant d’être au centre de ces terres hostiles et de garder un œil sur tout ce qu’il s’y passe. Le Reike a des yeux et des oreilles partout à Sekaï. Certains relèvent la tête tandis que j’approche des portes de Givrefeux. Deux soldats au niveau des portes, armes en main, me laissent passer sans rechigner. Je ne suis encore jamais venu ici, de toute manière je n’ai qu’un objectif en tête, celui de décimer un groupuscule.
La maire de la ville siège dans un bâtiment reconnaissable, taillée dans la roche et à la toiture rudimentaire. Un village austère sans grande prétention, qui respire les souvenirs ainsi qu’un lourd passé. Entouré par la nature, l’épine dorsale du bourg, les artères qui la séparent ne sont là que pour assurer des liaisons jusqu’à une eau si précieuse. Le site n’est pas très large mais il y fait presque bon vivre. La femme qui tient les rênes se lève tandis que je foule les pieds à l’intérieur de la bâtisse. Se levant de son fauteuil, elle s’avance d’un pas décisif et vient me saluer. Serrant nos mains, celle-ci s’annonce :
— Vous êtes celui que l’on attendait. Prenez place.
Elle me montre une chaise et me laisse m’installer tandis qu’elle replace du bois dans la cheminée. Nous échangeons quelques paroles. Je ne suis pas un beau parleur et ma mission est claire. Elle voit bien dans mon regard que je ne cherche pas à me reposer, celle-ci s’empare d’une carte qu’elle enroule puis, nous nous dirigeons à l’extérieur du village, déambulant parmi les tentes des reikois venus s’installer là. Nos bottes foulent la neige devenu un terrain boueux, plusieurs unités chantent en cœur, d’autres s’esclaffent, tandis que certains s’occupent de couper du bois de chaud ou préparer des mixtures dans des marmites. Un mélange d’odeur émane dans l’air, entre le froid glaçant des terres du nord, des soupes et du feu de bois, de sueur et d’alcool. Je replonge dans quelques souvenirs d’antan. Soudain, j’aperçois un groupe singulier doté d’une armure rouge et Sullie les interpelle. Voici donc le groupe qui fera parti des opérations. N’étant pas très doué pour les présentations, je reste de marbre et salue à la manière des reikois, un poing sur le coeur.
— Aesir. Akkelanak septentrional. Zei, la titanide, est la proie de fanatiques qui cherchent à la récupérer. Ils ont quelques camps et cherchent à se rassembler avec tout un arsenal. Nous sommes ici pour une seule chose : les détruire.
— De notre côté, nous avons pu observer les camps à distance et connaître leur position exact. Il y a trois camps sur différents points cardinaux. Le plus proche étant à l’Est, déclare Sullie tout en déployant la carte et montrant des encoches à certains endroits.
— Aucun d’eux ne doit s’échapper. Ils pourraient sonner l’alerte. Nous devons agir vite. Si vous avez des idées, parlez. Dans tous les cas, je suis prêt.
Mon esprit est plus tranquille, je n’ai pas à faire avec de la bleusaille, ce qui me rend bien aise de me trouver auprès de ces hommes conscients et prêts à lever les armes pour détruire ces fanatiques. Son raisonnement est exactement ce que j’avais en tête, plutôt logique et correspond aux attentes du cerveau de ce groupe d’individu. Les Serres Pourpres ont de la chance d’avoir un homme rationnel avec eux et pas seulement un vulgaire boucher, qui se sert de ses hommes comme de la chair à canon. Cela dénote une certaine humanité, car après tout, on se lie les uns aux autres lorsque l’on est groupé. On se sert les coudes, on s’écoute, on partage les douleurs et les souffrances, comme les moments de joie et de rigolade. Toutefois, l’heure n’est pas à la distraction et il est même impératif que notre mission s’achève en bonne et due forme. Une fois l’explication de l’homme imposant terminée, je pose une main sous mon menton et réfléchit murement, analysant la carte et me méfiant de ce lac séparant les deux camps situés à quelques kilomètres de notre position. Je ne pense pas non plus qu’ils aient des bateaux mais, il vaut mieux garder l’hypothèse qu’ils en disposent. Aucune cible ne doit nous échapper, Zei doit rester enfermé au sein du Berceau. Ces croyants croient encore qu’il est possible de sauver un titan dans une prison faite d’une matière très résistante, pourtant, nous ne pouvons les laisser gangréner la population et les laisser croire qu’ils sont des Dieux. Alasker clame notre prochaine destination, ce qui ne m’incommode nullement.
Après avoir terminé les préparatifs, nous décidons de partir peu de temps après cette entrevue. Nous prenons le strict minimum à savoir de la nourriture, des gourdes d’eau et de quoi se réchauffer. Les paquetages fait, nous entamons notre périple après un bref adieu à Sullie. En tête auprès d’Alasker, nous avançons dans la neige et la boue, empruntant ce qu’il semble être un sentier plus ou moins utilisé. Il est rare de m’entendre parler, quelques grognements quand j’entends un bruit suspect tandis que nous traversons une plaine enneigée, quelques arbres éparses, le souffle du vent glacial qui nous fout une claque a chacun de nos pas. Le temps est maussade, la grisaille nous tend les bras et la blancheur de la neige éblouit notre regard. Heureusement pour nous, tant qu’il ne neige pas, nous avons une vision lointaine sur les montagnes qui se dressent au loin. Nous pouvons estimer le temps qu’il nous faudra avant d’arriver à la Pointe d’Orage. De là où nous étions, nous entendions comme des crépitements et des bruits sourds. La montagne sait qu’on arrive.
Je garde un œil bien ouvert, estimant que les sombres adorateurs disposent de veilleurs prêt à se précipiter pour alerter leur camp respectif. Soudain, je fais un signe pour que nous nous arrêtions, le bras droit en l’air à hauteur d’épaule et le poing serré, signe qu’il faut s’arrêter. A notre droite, je remarque d’étranges empreintes, comme s’il s’agissait de loups mais bien plus grosses et avec une étrange particularité. Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls à errer dans les terres du nord, d’innombrables bêtes et monstres rôdent. Depuis l’invasion des titans, d’étranges phénomènes se sont manifestés partout à Sekaï. L’insécurité se ressent partout où nos pieds foulent les terres en dehors des grandes cités. Malheureusement, les villages de campagnes et petites bourgades n’ont pas eu cette même chance. Après avoir averti le groupe que nous sommes sur le passage d’une éventuelle meute de loups, nous continuons notre avancée jusqu’à une marée de sang. Un petit peloton reikois a été totalement déchiqueté, il ne reste plus rien mis à part les os et des vêtements en lambeaux. L’odeur de morts empeste l’atmosphère, tandis que je m’approche d’un macchabé, j’inspecte du regard tout en utilisant la lame de ma hache pour bouger le cadavre. Les empruntes des hommes s’emmêlent avec celles que l’on a pu repérer quelques instants avant.
— Ces hommes n’étaient certainement pas préparés. Les bêtes qui les ont attaqués devaient être affamées.
Le bruit sourd de l’orage qui éclate se fait de plus en plus bruyant, il devient difficile d’écouter ce qu’il se passe autour de nous. D’autant que l’odeur de sang attirera certainement d’autres monstres, nous devons rester vigilant. Il n’y a plus rien à faire pour eux, nous devons seulement continuer notre affaire et trouver le moyen d’atteindre rapidement la Pointe d’Orage. Nos pas s’enfoncent dans la neige, avançant difficilement dans un endroit très peu réputé. Aucun chemin, aucun sentier à l’horizon. Le tout est recouvert d’une épaisse couche blanche à perte de vue, dans le froid glacial des terres du nord et proche des bois. J’ai la sensation d’être observé, sans savoir par qui ou par quoi. Les immenses sapins et les nombreux arbres sans feuillages se resserrent, nous obstruant la vue des montagnes.
Soudain, un espèce de loup blanc sort de dessous la neige et se jette sur moi. D’autres canidés de glace s’extirpent de la poudreuse pour se projeter sur les Serres Pourpres, ils sont brutaux et rapides. Leur grognement résonne comme le bruit d’un tambour, ils nous avaient encerclés. Ma hache tenue à l’horizontal, le pommeau de l’arme dans la gueule du loup empêche l’animal de refermer sa mâchoire sur moi. Au-dessus de mon corps, il tente de m’arracher la tête seulement, tenant toujours fermement mon arme, je tente de repousser la bête qui s’efforce de vouloir croquer la poignée. Je déploie toutes mes forces et repousse l’animal violemment à l’aide de plusieurs coups de pied dans les pattes arrières du clébard de glace. Il se relève, son regard noir et sa gueule assoiffée de sang.
— Voilà donc les coupables de cette mutinerie. Nous n’avons pas le choix, il va falloir se charger d’eux avant d’atteindre notre objectif.
Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut et ces loups des glaces vont nous le faire comprendre. Retardant ainsi notre escapade en direction de la Pointe d’Orage, il va falloir d’abord faire le ménage auprès de ces bêtes.
https://giphy.com/embed/drCVY2JqSXqzhzfwNZ
Notre chemin continua dans les terres du Nord, nous nous engageons sur un terrain bien plus dangereux, ne sachant pas réellement de quoi ces hérétiques sont capables. Les loups de glace n’étaient que du menu fretin pour Alasker et ses Dévoreurs, rien ne peut les arrêter et je dois admettre qu’ils sont coriaces. Leur chef montre une réelle passion pour le combat, tuant n’importe qui se mettant en travers de sa route et de son objectif. J’ai encore bien du mal à enregistrer les prénoms de chacun des membres des Dévoreurs, et à vrai dire, je ne suis pas là pour me faire des amis. Ma mission consiste simplement à éradiquer la menace avec un groupe de guerriers aguerris, de vrais bouchers sur le terrain qui ne se contentent pas seulement de tordre le cou de ses adversaires. La scène de combat est sanguinaire, les quelques loups survivants ont compris que seule la mort les attendait s’ils restaient devant nous, alors ils ont fui. Après avoir nettoyé nos armes, nous avons pataugé sous la pluie diluvienne, nos bottes s’enfonçant un peu plus dans la boue et avons emprunté un chemin escarpé, en bordure de la Pointe d’Orage. La tempête est violente, les coups de tonnerre nous arrachent les tympans tandis que quelques éclairs illuminent la scène. Je repense aux contes pour enfants où les monstres se tapissent dans l’obscurité avant d’attaquer leur proie. Idéalement, nous sommes ces monstres. La seule faune qui nous entoure est composée de quelques arbres morts et de buissons épineux, la neige fondue est devenue un véritable bourbier. Afin de ne pas nous faire repérer, nous restons à l’abri des regards derrière une butte et inspectons les environs avant de lancer l’assaut. Nous avons repéré d’immenses murs de bois, faits de rondins. Mon corps est mouillé bien que l’épaisse fourrure entoure mes épaules et mon dos. Les lames du Chaos sont accrochées dans mon dos et n’attendent qu’une chose, dilapider dans une giclée sanglante les ennemis de notre nation.
Spoiler:
Nous nous frayons un chemin vers les remparts, sous couvert de la pluie tandis que nous nous collons contre les murs. Quelques gardes patrouillent, nous ne discernons pas correctement leur blason ni même le type d’équipement qu’ils possèdent. Alasker me propose d’ouvrir le champ ou de laisser ses sbires s’en occuper. Ma fierté de reikois et mon envie irrépressible de faire usage de mes armes ne laissent alors qu’un silence entre nous, où seule la pluie tambourine l’espace. Les flammes vacillantes des torches n’éclairent pas plus nos ennemis et je préfère que nous nous scindions pour plus de prises sur l’adversaire. Tel un étau qui se resserre, il nous faut vérifier qu’il n’y ai pas plusieurs sorties et si tel est le cas, que quelques dévoreurs obstruent la voie. Le groupe se sépare en deux et nous allons chacun dans une direction. Un camp, même de fortune, ne peut disposer que d’une entrée, il faut obligatoirement une sortie s’il venait à y avoir un départ de feu ou des hostilités. Les chaînes sur mes deux avant-bras se délient, tandis que je récupère dans une main et dans l’autres mes lames écrantées, il est temps de les utiliser. Devant nous, deux gardes adossés contre le mur discutent, vêtu d’une armure de fortune avec une toge blanche, leurs vêtements imbibés d’eau et leurs bottes pleine de gadoue confirme qu’ils ont subit l’intempérie depuis un moment. Est-ce que l’on va faire dans la dentelle ?
— Gérard, est-ce que c’est la poule ou l’œuf qui est sorti en pre… ? Gérard ? GERARD !
Le dénomme Gérard n’a pas eu le temps de répondre qu’une lame transperça son thorax, filant comme le vent, déchiquetant l’armure de la cible, la pointe visible et ensanglantée de celle-ci dépasse de l’homme qui n’a pas eu le temps de réagir. Son compère commence à reculer et à porter du bout des lèvres le cor qu’il garde à son ceinturon, c’était sans compter sur un des Dévoreurs qui se jeta sur lui pour l’empêcher de souffler dans l’objet de cuivre. Les deux corps inertes baignent dans une mare de sang, ainsi notre petite aventure commence par semer la mort dans notre sillage. J’inspecte de plus près le blason de leur armure, il s’agit là d’une de nos cibles. Dans cette obscurité sordide et où la pluie cache les cris de nos victimes, nous assiégeons le petit village qui s’était construit. Aucun sourire, aucune once de joie, aucun sentiment ne paraissent sur mon visage car je ne suis qu’une arme au service du Reike. On commence à entendre des hurlements à l’intérieur, à croire que nos amis se sont amusés de l’autre côté à y aller franco. Je jette un coup d’œil à l’entrée et nous nous propulsons pour détruire ce camp de misère. Un cor sonne dans l’enceinte du fort, assourdissant malgré le vacarme les gerbes d’eau qui nous tombe dessus. Quelques assaillants se rapprochent tandis que des arbalétriers nous visent des hauteurs des remparts. Je choisis de grimper et d’aller détruire ces hommes équipés à distance. Sans aller jusqu’à grimper là-haut, je range mes lames et m’empare de ma hache, fracassant d’un coup puissant le mur de bois qui explose, projetant des débris à plusieurs centaines de mètres. Quelques corps sont projetés dans les airs avant de retomber par la force gravitationnelle dans un craquement sourd.
Mon corps s’acharne et les quelques hommes armés ne font pas long feu. Déployant notre force destructrice, nous remarquons qu’ils ne sont pas taillés pour le combat. Toutefois, tandis que nous avançons à l’intérieur du camp, plusieurs femmes et enfants accourent se réfugier dans une des maisons centrales, empruntant une espèce de passage souterrain. Les dévoreurs piétinent, arrachent, détruisent sans sourciller, s’exclamant avec férocité, s’extasiant de ce massacre sans fin. Le sang gicle et se mêle à la boue, le sol est glissant et les murs se brisent dans des éboulements.
Soudain, un peu plus loin, je distingue un arsenal singulier, des énormes arbalètes balistiques nous pointent. J’ai à peine le temps de réagir en sautant d’un bond qu’une flèche immense vint transpercer le lieu où je me trouvais à l’instant, faisant exploser quelques corps dans une gerbe de sang, rapiéçant le reste des cadavres présents. Voilà donc un des équipements que souhaitent utiliser ses renégats pour sauver Zei. Ils savent pertinemment que leur pouvoir au sein du Berceau est réduit quasiment à néant, ils ont donc sorti les grands moyens. En vérité, cette arme est destructrice, mais met du temps à se recharger. Bien évidemment, il n’y en a pas qu’une. Sortant de sous des espèces de bâche artisanale en peau grasse, ces énormes balises nous pointent.
Le chaos est total, nos adversaires détiennent des outils ayant une puissance destructrice, il nous fallait les détruire. Une femme et son enfant se dirigent vers le trou béant dans le rempart que j’ai explosé un peu plus tôt, je vais dans leur direction, rangeant ma hache pour me servir de nouveaux de mes armes qui tournoient autour de ma tête. Je n’ai plus d’âme. Plus de cœur. Je ne suis qu’une arme. La mère a la tête découpée tandis que la petite fille court, pleurant avec effroi jusqu’à ce qu’elle jette un coup d’œil derrière elle avant que la deuxième lame ne vienne percuter son abdomen et la couper en deux, son corps s’évanouit contre le sol. Ce travail, seul les plus déterminés et les plus dévoués au Reike en sont capables. Après tout, ce sont ces fanatiques qui ont retiré sa femme et ont tué son fils. Sans leurs titans qu’ils considèrent comme des divinités, je serai certainement un homme différent. Aujourd’hui, c’est sans remords que je m’attaque à ce village.
Les arbalètes balistiques entament un chant, sifflant chacune tour à tour leur carreau d’une longueur incroyable. Détruisant tout sur leur passage, au sein même de leur propre camp, ils savent que nous ne reculerons devant rien. Les cris d’agonie et le vermeil qui s’écoule sous nos pieds n’est qu’une mise en bouche de ce qui nous attend pour la suite. Je regarde une dernière fois le corps de la fillette, avec un soupir, approche ma main des yeux de l’enfant que je ferme avant de reprendre le combat.
Ce qu’ils appellent Divins ne sont en réalité que des engeances venues nous piétiner et détruire, car leur règne s’achève suite aux humains qui ont su se libérer de leurs chaînes. Ces écervelés, pensaient-ils réellement pouvoir briser le Reike et récupérer la titanide, prisonnière sur l’île du Berceau ? Ils ne peuvent pas comprendre ce qui leur arrive sur le coin de la figure. Nous ne sommes qu’un petit groupe de guerriers d’élites au sein de notre nation, là où d’innombrables hommes et femmes sont voués à arracher la tête de personnalité telle que ces énergumènes qui prient à mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous ne sommes qu’un petit groupe de guerriers d’élites au sein de notre nation, là où d’innombrables hommes et femmes sont voués à arracher la tête de personnalité telle que ces énergumènes qui prient à mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous, êtres petits et mortels, avons réussit à tuer un de leur dieu et emprisonner une autre, une immense victoire qui nous a permis de nous rendre compte que nous pouvons briser ces êtres venus des cieux, semant le chaos et la destruction sur Sekaï. Je n’ai jamais douté de nos défenses, de nos attaques, car les hommes du Reike sont les plus tenaces, les plus aguerris et les plus assidus. Quand je vois les cadavres qui sont amoncelés au sein du campement, un semblant de rictus orne le coin de mes lèvres. Revenant auprès des vaillants guerriers, nous clamons notre victoire quand soudain, la voix d’un des dévoreurs résonne et nous prenons nos positions car en effet, des petites lumières apparaissent dans notre champ de vision par la brèche. Quelques balistes sont inutilisables car certaines ont été malmenées durant le combat contre le campement. Je me dirige vers les hauteurs et commence, avec l’aide d’un autre dévoreur, à mettre en position l’outil balistique qui nous servira à empaler ces traitres à la nation. Nous cherchons également de quoi recharger, un petit stock de carreau d’une dimension étonnamment grande et lourde. Heureusement pour nous, ce n’est là qu’un petit exercice de musculation et nous allons même pouvoir nous amuser à réutiliser ses armes. Nous nous déployons rapidement, déblayant les cadavres sur le terrain qui pourraient nous gêner. D’autant que la fumée et les couleurs rougeoyantes qui se dégagent des braises donnent un aspect apocalyptique à cette scène. Chaque dévoreurs s’empressent de récupérer les balistes encore utilisables et de les pointer dans la direction de nos ennemis qui s’approchent à vive allure. La pluie nous martèle et nous avons encore du mal à distinguer le nombre de fanatiques qui s’approchent.
___________________________
— En position ! Hurle un des commandants, drapé d’une armure en métal avec un symbole représentant une croix. Les hommes sont armés d’épées et de boucliers, certains portent une torche à la main et scrutent l’immense fumée noirâtre qui surplombe les montagnes. Des cendres s’échappent des bâtiments en feu un peu plus loin, heureusement pour eux, ils ne sont qu’à quelques kilomètres de la position de ce campement et vont pouvoir riposter. Ils pensent certainement à une attaque de bandits et espèrent que quelques-uns de leurs compères ont survécu. Le temps est rude et bien que la pluie tambourine leur casque et s’infiltre de part et d’autre, ils continuent leur avancée avec une grande discipline. Ce n’est pas de grands guerriers, mais ils savent qu’il ne faut pas foncer tête baissée face à l’ennemi. Ce serait du suicide. Le commandant ainsi que quelques uns de ses hommes portent un cor à son ceinturon, il attend d’être placé à deux miles de la position du camp avant de sonner celui-ci. Les hommes sont en rangs et bien organisés, une cinquantaine d’hommes prêts à venir en aide à leur compagnon en proie aux flammes. Un premier son de cor résonne, tonitruant et grave. Le commandant attend et rien ne se passe. Il sonne de nouveau dans le cor une deuxième fois et attend, patiemment, avant d’avancer avec ses hommes. C’est alors qu’il entend le son d’un cor provenant du camp. Le commandant toise ses hommes et commencent à avancer, toujours sur ses arrières. Sait-on jamais ce qu’il peut s’y trouver, alors tous, armés de leur bouclier, se mettent sur la défensive. Un des guerriers à côté du commandant commence à s’exprimer :
— Qu’allons-nous faire une fois sur place ?
— Soigner les blessés, enterrer les morts, si tant est qu’il y en a et les aider à éteindre les flammes.
— C’est étrange qu’il n’y ait pas de cri de panique.
— Attendez…
Le commandant s’arrête soudain quand, sans crier gare, un carreau d’arbalète d’une certaine envergure vint exploser le corps du petit guerrier à ses côtés. Les éclaboussures de sang vinrent se répandre comme une traînée de poudre sur les hommes placés sur les côtés, ceux derrière le petit guerrier ont également périt. Une petite brochette qui empala deux hommes, morts sur le coup. Un bras et une jambe du petit guerrier voltigent dans les airs avant de retomber avec un bruit sourd. Le commandant sonne dans son cor une nouvelle fois, prit de panique et ordonne à ses guerriers de courir. Malheureusement pour eux, le terrain battu et jonché de neige, de boue et de pluie ne va pas les aider dans leur progression. Alors, ils chargent sans sourciller, criant de toute leur force pour se donner du courage.
_____________________________
— Joli tir ! dis-je au dévoreur ayant pris la directive de lancer, tellement impatient semblait-il. Après tout, nous avions une magnifique ligne droite, bien que cela ne suffira pas. Nos adversaires avancent à grand pas, leurs épées sont brandit et leur bouclier comme protection. N’ont-ils pas compris qu’un carreau de cette taille se fiche éperdument d’un pauvre bout de métal ? Je prends un carreau, la place sur la baliste et recharge la machine. Cela prend du temps, seulement, je ne suis pas le seul à avoir dégoté une de ses armes. Plutôt efficaces, bien qu’encombrantes et lourdes. Ce genre d’armes irait bien au-dessus des grandes murailles qui entourent Taisen ou Ikusa. Nos cœurs s’enflamment et la hardiesse du combat nous envahit, nous sommes heureux de contribuer à la fin de ces religieux fanatiques, errant sur les terres du Nord. Ce menu fretin est un bon exercice pour les Dévoreurs, comme pour moi-même. Cela nous change des tours de garde ou des rondes nocturnes. De plus, au Berceau, mis à part les cris et les lamentations des prisonniers, Zeï est silencieuse, parce que sa prison l’empêche de nous murmurer quoi que ce soit. À côté de moi, j’entends un carreau qui s’élance comme un harpon dans la direction de nos ennemis. On entend un grand fracas, avec des cris d’agonies, de pleurs et de peurs. Je me sens vivre.
— Ils ne sont pas au bout de leur surprise ! Esquissais-je d’un sourire. Il est rare de me voir dans de telles conditions. Toutefois, l’ambiance s’y prête et j’aime ce chaos, ces cendres, ce carnage et voir tous ces païens recouvrir la terre mère de leur sang. Je me réjouis de cette souffrance et espère que le Reike soit fier de ses valeureux guerriers. Nous représentons une nation, sous une seule et même bannière, nous ne plierons pas le genou. Furieux, le plaisir du combat et la haine des hérétiques nous galvanisent. Après plusieurs coups de carreaux balancés à travers la brèche, nous nous armons une dernière fois de nos armes pour éradiquer ces crétins. Ils n’ont d’yeux que pour leurs divinités qui les ont abandonnés, des scélérats qui n’ont pas compris que seuls les mortels sont les plus intelligents et retors. Je ne comprendrais jamais ces vauriens.
— À mort ! Lançais-je. Essayer d’en garder un en vie, nous irons le cuire. Avec hâte, je me précipite par-delà la brèche et m’avance fièrement vers ces salauds, mes lames du chaos en main. Il ne me reste qu’à terminer ce tour de danse, prenant un malin plaisir à façonner le monde dans lequel nous vivons. Éradiquant la menace qui pèse sur notre territoire, le Reike n’a pas besoin de religion, de religieux, de croyants en des titans qui écrasent, annihilent et déciment sans pitié. C’est à nous, porteur d’espoir et combattants de faire le tri. Allons-y gaiement.