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Au fin fond d’une contrée rocheuse, située à plusieurs heures de route de la cité d’Algrub, deux mercenaires se tenaient près d’un corps, celui d’un homme d’âge mûr. Ils se regardaient sans rien dire. Le vent s’engouffrait dans la petite caverne où ils avaient commis leur crime. La mission était accomplie avec succès, pourtant quelque chose les perturbait. Ils ne savaient pas pourquoi, ils ressentaient une sensation désagréable, voire amère. Celle d’avoir changé une facette du monde en tuant cet homme. Un homme qui aurait sans doute pu modifier le cours des choses grâce à son don. L’un d’eux inspecte la grotte tandis que la pluie commence à s’abattre à l’extérieur. Un grondement soudain, l’orage arrivait à grand pas. Dans cette grotte se trouvait des ustensiles de cuisine rudimentaires, un sac de couchage et plusieurs besaces contenant différentes herbes et des manuscrits, hélas, illisibles. Il n’y avait que d’étranges symboles indéchiffrables, écrits dans une encre noire aux reflets bleutés. Un peu plus en profondeur, il y avait un étrange paquet couvert de linges. L’un des mercenaires tend la main, tâte le paquet qui semble se mouvoir. Puis vint un cri d’enfant, un nouveau-né était emballé tel un chiffon.

— Que fait-on de ce gamin ?

— On le tue, déclare l’homme tenant l’enfant.

— Nous sommes des mercenaires, il n’y a rien d’écrit dans le contrat à ce sujet. Si nous tuons cet enfant alors que ce n’était pas stipulé, nous risquons des problèmes.

— On va le laisser aux coyotes. De toute façon, personne ne risque de tomber sur lui. On s’empare juste des parchemins et on se tire.

— Très bien.

Ni une ni deux, les deux mercenaires s’occupent de récupérer les besaces contenant les affaires de la victime, laissant derrière eux un bambin dans la nature. Sans aucun remord, ils reprennent leur route en direction de la capitale. Le nouveau-né se retrouve plongé dans le noir de la caverne, ne sachant pas que sa dernière heure allait arrivée. Ses pleurs résonnent sur les parois, tandis que le tonnerre gronde de plus en plus fort. La peur le tenaille, il ne peut rien faire. Livré à lui-même, il échappe un dernier cri avant que l’orage éclate. 

***

— Aesir ! Protège-toi ! Arrête de foncer tête baissée vers l’ennemi !

Le combat est rude et les lames s’entrechoquent, la rage de l’ennemi est aussi forte que la hargne qui réside dans le cœur du jeune homme. A peine âgé d’une dizaine d’années, il est confronté à un entraînement martial fort rude. Son adversaire n’est autre qu’un adulte, son mentor, celui qui l’a recueilli dans les bois alors que le pauvre enfant était entouré de loups. Après les avoir massacrés, l’homme aux cheveux blanc et à la carrure imopsante s’empara du rejeton, nu comme un ver et sale, pleurant la mort de ses amis. L’adulte ne comprenait pas que pour l’enfant, ces loups étaient devenus sa famille. Seulement, en grandissant, sa mémoire efface toute trace d’eux et ne laisse que cet homme aux cheveux blanc prendre une place importante dans son esprit.

— Vesemir !

— Allez gamin, une dernière fois !

Ce coup fut le dernier et renvoyé au centuple par la rapidité et la force de Vesemir, qui d’un coup de pied, fit valdinguer son apprenti contre les tonneaux de bois. Rangeant son arme, il se rapprocha du petit qui lâcha un cri de rage, ayant perdu face à lui. Tandis que Vesemir se détourna de lui, le gamin se releva et reprit son arme alors que le sang coule le long de ses bras, de ses lèvres et que tout son corps est endolori. 

— Encore.

— Allons-y, sourit Vesemir.

Après tout, son apprenti a bel et bien un talent, celui de ne jamais abandonner et de se relever peu importe la situation. Ces entraînements sont conséquents et musclent le jeune homme qui ne cesse de grandir et de gagner en puissance, en discipline et en colère. Lors de son adolescence, Aesir part faire la formation militaire sur une durée de cinq années, où il va apprendre l’écriture, les mathématiques, les bases de la stratégie militaire et le maniement des armes. Vesemir qui, depuis son enfance, n’a pas lésiné sur l’apprentissage de son apprenti, a souhaité faire de lui une véritable machine de guerre. Il est très vite repéré et les résultats sont excellents. Suite à ses cinq années de service, on lui propose de continuer à l’université Drakstrang. Avant de partir, il se fera tatouer le corps d’un trait rouge vif, qui selon lui, est un symbole pour avoir franchi une étape importante de sa vie : celle de la guerre. Muté, il suit une batterie de tests afin d’évaluer son niveau pour participer à l’éducation apportée au sein d’une infrastructure militaire. Il lui faudra encore cinq années supplémentaires pour pouvoir décrocher un diplôme. Il endurera une parfaite maîtrise des simulations de guerre, des enseignements aussi rudes que lui offrait son mentor Vesemir. Aesir est un solitaire et n’aime pas que l’on vienne lui mettre des bâtons dans les roues. Si certains venaient à se quereller avec lui, ils finissaient par comprendre qu’ils se feraient tuer sur place. On ne rigole pas avec les futurs soldats d’élite. 

Spécialiste du combat, celui-ci deviendra un homme talentueux, ferme et impitoyable. Son seul et unique but étant de devenir un homme capable de détruire un titan un main nu. Entre les capacités physiques et mentales qui sont mises à rude épreuve, notre guerrier à la peau basanée et tatouée d’un symbole rouge vif monte les échelons et progresse à une vitesse fulgurante. Rares sont ceux qui souhaitent s’entraîner contre lui, de peur de vivre un véritable enfer. Néanmoins, Aesir est considéré comme le destructeur, le frère d’arme du pays du Souffre. Il est d’ailleurs sous la tutelle d’un grand homme « Deryk » au sein de la ville du Souffre, permettant d’accentuer son plein potentiel combatif. Ce qui anime ce guerrier impitoyable est une soif insatiable de combat, d’adrénaline et de pouvoir se surpasser. Bien longtemps, il aura voulu affronter Deryk seul à seul, n’arrivant pas à trouver la bonne manière de se battre face à lui. Pourtant, après plusieurs années, le guerrier finit par le blesser, ce qui donne la puce à l’oreille que notre cher Aesir peut encore mieux faire. 

Lorsqu’il termine son parcours et après avoir eu les félicitations de Deryk, il choisit de rentrer dans l’armée et obtient une place de prestige, prenant une position forte afin de chasser des rebelles pro-titan au sein des terres du Souffre. Il ne se sépare jamais de ses armes : Les lames infusées du pouvoir du feu pour le chaos, la Hache pour la dévotion. Aesir fait la rencontre d’une femme de la nation du Sable avec qui il tombe éperdument amoureux et obtient de cette union un fils. Sans jamais perdre d’objectif son but, Aesir délaisse sa femme et son fils pour se consacrer à la guerre. Il détruit des villages entiers, mettant à feu et à sang tout sur son passage, son visage se durcit davantage à chaque fois qu’il commet un massacre. Rien ne l’arrête, il est considéré comme une véritable terreur sur le champ de bataille. Sa rage est si forte et son tempérament si violent, qu’il vient même à en effrayer ses propres soldats. Une nuit d’hiver, notre guerrier s’en va débusquer des fanatiques religieux au sein d’un petit hameau perdu dans les terres du Nord. Vaesir s’empare de ses lames du chaos et démembre chacun des membres du rituel. Il continua à vouloir éradiquer tout le hameau, prit d’une rage sanguinaire et décima la population car tel était son devoir : détruire et éliminer tous les ennemis du pays du souffre. Le pardon n’existe pas, ce n’est que pour les faibles. Pourtant, alors qu’il regarde les flammes vaciller devant lui, recouvrant les toits des maisons de chaume ainsi que les corps inertes, il distingue un visage reconnaissable. Celui de sa femme. Il crut également voir son fils mais, il n’était pas là. Une immense tristesse et une grande rage le submergea, son cri fut si fort que même le vacarme du vent s’arrêta. Ce fut la première fois qu’il pleura. 

Il rentra à la ville du lion, les cendres de sa femme dans une bourse en cuir et alla chercher son fils, toujours à la maison. Il expliqua comme il peut, d’une manière direct et sans tact à son fils qu’il venait de tuer sa propre femme. Le guerrier ne savait pas que sa femme s’en était allé dans ce trou à rats. Aesir ne montre pas ses émotions, c’est un homme froid mais intelligent, il sait que son fils comprendra que les titans n’apportent rien de bon, qu’ils sont un affront sur Sekaï. Il ne se pardonne pas et les souvenirs le hante, il décide d’aller voir un TOCR à qui il demandera de tatouer le reste de son corps avec les cendres de sa femme. Le danger est risqué mais, en gage de culpabilité et pour pouvoir souffrir autant qu’il a fait souffrir sa femme, il sera marqué à vie. 

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