{"id":533,"date":"2025-12-27T10:38:03","date_gmt":"2025-12-27T09:38:03","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire.luviel.fr\/?p=533"},"modified":"2025-12-28T19:35:02","modified_gmt":"2025-12-28T18:35:02","slug":"punition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire.luviel.fr\/?p=533","title":{"rendered":"Froide Punition"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images7.alphacoders.com\/714\/thumb-1920-714040.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Texte issu d\u2019un RP collaboratif (Cendres \u2013 Froide Punition, PV Aesir). Publication \u00e0 titre d\u2019archive personnelle.<\/em> <em>Ce texte est compos\u00e9 exclusivement de passages \u00e9crits par moi-m\u00eame.<\/em> <em>Les r\u00e9ponses des autres joueurs ne sont pas reproduits .<\/em><br><br>Le Berceau, endroit s\u00e9parant le Reike et Shoumei, une \u00eele aride sans aucune v\u00e9g\u00e9tation apparente et renfermant des secrets bien gard\u00e9s. Au centre de cet endroit se trouve une forteresse anti-magie, imposante et gigantesque. Gard\u00e9e par de nombreux gardiens et quelques akkelanaks dont je fais parti. La titanide Zei est prisonni\u00e8re, ne pouvant s\u2019\u00e9chapper de sa prison d\u2019adamantite et des cha\u00eenes en barre du roi, sa magie r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. A chaque fois que je passe devant, je repense \u00e0 notre combat contre le titan Kazgoth, vaincu. Le nombre de morts est ind\u00e9nombrable suite \u00e0 cette attaque, bien que l\u2019empereur Tensai et l\u2019imp\u00e9ratrice Ayshara \u00e9taient sur le champ de bataille, les soldats se faisaient \u00e9craser, d\u00e9membrer, lapider a vu d&rsquo;\u0153il. Kazgoth \u00e9tait infernal, un titan de la pire esp\u00e8ce ayant \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 des innocents, dont celle de mon fils.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque je jette un \u0153il devant la prison d\u2019adamantite, ma haine grandit de jour en jour, les poings serr\u00e9s et pr\u00eat \u00e0 d\u00e9gainer mes lames. Je n\u2019attends qu\u2019une seule chose : l\u2019an\u00e9antir. Bien que meurtri par la mort de mon fils, je tiens \u00e0 honorer sa m\u00e9moire en jurant d\u00e9truire d\u2019autres titans comme Kazgoth. Zei reste en vie, pour l\u2019instant. Je souhaite arracher la t\u00eate de cette B\u00eate, un animal aux traits humano\u00efdes sans aucune once d\u2019humanit\u00e9. Je ne comprends pas comment des hommes et des femmes prient pour ces cauchemars ambulants. Ne comprennent-ils pas que nous ne sommes pas les jouets de ces entit\u00e9s d\u00e9moniaques ? Pire que des d\u00e9mons, les titans sont du poison qui se r\u00e9pandent sur Seka\u00ef. Et nous, Reikois, en sommes l\u2019antidote.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Draksang Feunoyr m&rsquo;interpelle un soir et me tend une lettre envoy\u00e9e du couple royal, il semblerait que des groupes d\u2019individus se rassemblent, des fanatiques des titans. Loin dans les terres du Nord si\u00e8ge un groupuscule et ceux-ci sont en train de pr\u00e9parer un arsenal assez cons\u00e9quent, souhaitant lib\u00e9rer Zei du Berceau. Depuis le retour des titans il y a quasi trois ans, les terres shoumeiennes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9es et bon nombre de civils se sont laiss\u00e9s embrigader dans des groupes occultes. Pr\u00e9f\u00e9rant vouer leur corps et leur \u00e2me dans un culte qui bafoue toute logique. La foi est quelque chose que je r\u00e9pugne. Tout ce qui compte, ce sont les actes, la bravoure, l\u2019intelligence et la sagesse et non pas une pri\u00e8re pour des \u00eatres semant la mort et le chaos.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Par ordre du couple royal, vous serez amen\u00e9 \u00e0 vous rendre dans les terres du Nord. Allez en direction de Givrefeux, l\u00e0-bas s\u2019y trouve un avant-poste, vous serez amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9manteler ce groupuscule et d\u00e9truire tout leur \u00e9quipement. Vous ne serez pas seul, &nbsp;d\u00e9clara formellement Draksang.<br>\u2014&nbsp;Uhmmm. Bien.<br>\u2014 La femme qui dirige Givrefeux se nomme Sullie Gerak. Vous devrez la rejoindre une fois sur place. Normalement, elle est au courant de la situation. Votre pr\u00e9sence est requise et vous me ferez un rapport lorsque vous rentrerez. Zei est notre priorit\u00e9. Cette mission devrait \u00eatre du menu fretin,&nbsp;<strong>Aesir<\/strong>.&nbsp;<br>\u2014&nbsp;Uhm.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans un mot de plus, je pr\u00e9pare le strict minimum pour partir en exp\u00e9dition jusque dans les terres du Nord. Le Berceau est un endroit recul\u00e9 et pour pouvoir traverser la mer int\u00e9rieure, il me faut prendre une barque. Les lames dans mon dos ainsi que ma hache, portant une fourrure sur les \u00e9paules ainsi que mon armure de cuir et de m\u00e9tal, je presse le pas jusqu\u2019\u00e0 rejoindre le point d\u2019eau le plus proche de la position de la forteresse. Je tra\u00eene une barque en bois par une corde que je tire tout le long du voyage jusqu\u2019au bord du rivage. Une fois la barque \u00e0 l\u2019eau, &nbsp;une pagaie en main, me voil\u00e0 en route vers Givrefeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis pass\u00e9 par Ikusa pour emprunter un chemin menant vers la garnison du dix-neuvi\u00e8me, ne faisant qu\u2019une br\u00e8ve halte le temps de r\u00e9cup\u00e9rer quelques victuailles. Personne ne reconna\u00eet l\u2019un des soldats ayant brav\u00e9 Kazgoth, dans tous les cas, les soldats d\u2019\u00e9lite ne sont que les armes du pays et ne souhaitent &nbsp;nullement la gloire. Le voyage se fera sans encombre, peu de monde emprunte ces chemins et si quelques g\u00e9omis se trouvaient sur le chemin, celles-ci ne rest\u00e8rent pas en vie bien longtemps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La garnison est enfin visible, apr\u00e8s deux semaines de voyage, me voil\u00e0 arpentant les terres enneig\u00e9es du nord. Les murs ne paient pas de mine compar\u00e9s \u00e0 ceux du Berceau. L\u2019avant-poste est un endroit strat\u00e9gique, permettant d\u2019\u00eatre au centre de ces terres hostiles et de garder un \u0153il sur tout ce qu\u2019il s\u2019y passe. Le Reike a des yeux et des oreilles partout \u00e0 Seka\u00ef. Certains rel\u00e8vent la t\u00eate tandis que j\u2019approche des portes de Givrefeux. Deux soldats au niveau des portes, armes en main, me laissent passer sans rechigner. Je ne suis encore jamais venu ici, de toute mani\u00e8re je n\u2019ai qu\u2019un objectif en t\u00eate, celui de d\u00e9cimer un groupuscule.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maire de la ville si\u00e8ge dans un b\u00e2timent reconnaissable, taill\u00e9e dans la roche et \u00e0 la toiture rudimentaire. Un village aust\u00e8re sans grande pr\u00e9tention, qui respire les souvenirs ainsi qu\u2019un lourd pass\u00e9. Entour\u00e9 par la nature, l\u2019\u00e9pine dorsale du bourg, les art\u00e8res qui la s\u00e9parent ne sont l\u00e0 que pour assurer des liaisons jusqu&rsquo;\u00e0 une eau si pr\u00e9cieuse. Le site n\u2019est pas tr\u00e8s large mais il y fait presque bon vivre. La femme qui tient les r\u00eanes se l\u00e8ve tandis que je foule les pieds \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la b\u00e2tisse. Se levant de son fauteuil, elle s\u2019avance d\u2019un pas d\u00e9cisif et vient me saluer. Serrant nos mains, celle-ci s\u2019annonce :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Vous \u00eates celui que l\u2019on attendait. Prenez place.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle me montre une chaise et me laisse m\u2019installer tandis qu\u2019elle replace du bois dans la chemin\u00e9e. Nous \u00e9changeons quelques paroles. Je ne suis pas un beau parleur et ma mission est claire. Elle voit bien dans mon regard que je ne cherche pas \u00e0 me reposer, celle-ci s&#8217;empare d&rsquo;une carte qu&rsquo;elle enroule puis, nous nous dirigeons \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du village, d\u00e9ambulant parmi les tentes des reikois venus s\u2019installer l\u00e0. Nos bottes foulent la neige devenu un terrain boueux, plusieurs unit\u00e9s chantent en c\u0153ur, d\u2019autres s&rsquo;esclaffent, tandis que certains s\u2019occupent de couper du bois de chaud ou pr\u00e9parer des mixtures dans des marmites. Un m\u00e9lange d\u2019odeur \u00e9mane dans l\u2019air, entre le froid gla\u00e7ant des terres du nord, des soupes et du feu de bois, de sueur et d\u2019alcool. Je replonge dans quelques souvenirs d\u2019antan. Soudain, j\u2019aper\u00e7ois un groupe singulier dot\u00e9 d\u2019une armure rouge et Sullie les interpelle. Voici donc le groupe qui fera parti des op\u00e9rations. N\u2019\u00e9tant pas tr\u00e8s dou\u00e9 pour les pr\u00e9sentations, je reste de marbre et salue \u00e0 la mani\u00e8re des reikois, un poing sur le coeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014&nbsp;<strong>Aesir<\/strong>. Akkelanak septentrional. &nbsp;Zei, la titanide, est la proie de fanatiques qui cherchent \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9rer. Ils ont quelques camps et cherchent \u00e0 se rassembler avec tout un arsenal. Nous sommes ici pour une seule chose : les d\u00e9truire.&nbsp;<br>\u2014 De notre c\u00f4t\u00e9, nous avons pu observer les camps \u00e0 distance et conna\u00eetre leur position exact. Il y a trois camps sur diff\u00e9rents points cardinaux. Le plus proche \u00e9tant \u00e0 l\u2019Est, d\u00e9clare Sullie tout en d\u00e9ployant la carte et montrant des encoches \u00e0 certains endroits.<br>\u2014&nbsp;Aucun d\u2019eux ne doit s\u2019\u00e9chapper. Ils pourraient sonner l\u2019alerte. Nous devons agir vite. Si vous avez des id\u00e9es, parlez. Dans tous les cas, je suis pr\u00eat.<br><br>Mon esprit est plus tranquille, je n&rsquo;ai pas \u00e0 faire avec de la bleusaille, ce qui me rend bien aise de me trouver aupr\u00e8s de ces hommes conscients et pr\u00eats \u00e0 lever les armes pour d\u00e9truire ces fanatiques. Son raisonnement est exactement ce que j&rsquo;avais en t\u00eate, plut\u00f4t logique et correspond aux attentes du cerveau de ce groupe d&rsquo;individu. Les Serres Pourpres ont de la chance d&rsquo;avoir un homme rationnel avec eux et pas seulement un vulgaire boucher, qui se sert de ses hommes comme de la chair \u00e0 canon. Cela d\u00e9note une certaine humanit\u00e9, car apr\u00e8s tout, on se lie les uns aux autres lorsque l&rsquo;on est group\u00e9. On se sert les coudes, on s&rsquo;\u00e9coute, on partage les douleurs et les souffrances, comme les moments de joie et de rigolade. Toutefois, l&rsquo;heure n&rsquo;est pas \u00e0 la distraction et il est m\u00eame imp\u00e9ratif que notre mission s&rsquo;ach\u00e8ve en bonne et due forme. Une fois l&rsquo;explication de l&rsquo;homme imposant termin\u00e9e, je pose une main sous mon menton et r\u00e9fl\u00e9chit murement, analysant la carte et me m\u00e9fiant de ce lac s\u00e9parant les deux camps situ\u00e9s \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de notre position. Je ne pense pas non plus qu&rsquo;ils aient des bateaux mais, il vaut mieux garder l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;ils en disposent. Aucune cible ne doit nous \u00e9chapper, Zei doit rester enferm\u00e9 au sein du Berceau. Ces croyants croient encore qu&rsquo;il est possible de sauver un titan dans une prison faite d&rsquo;une mati\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9sistante, pourtant, nous ne pouvons les laisser gangr\u00e9ner la population et les laisser croire qu&rsquo;ils sont des Dieux. Alasker clame notre prochaine destination, ce qui ne m&rsquo;incommode nullement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 les pr\u00e9paratifs, nous d\u00e9cidons de partir peu de temps apr\u00e8s cette entrevue. Nous prenons le strict minimum \u00e0 savoir de la nourriture, des gourdes d&rsquo;eau et de quoi se r\u00e9chauffer. Les paquetages fait, nous entamons notre p\u00e9riple apr\u00e8s un bref adieu \u00e0 Sullie. En t\u00eate aupr\u00e8s d&rsquo;Alasker, nous avan\u00e7ons dans la neige et la boue, empruntant ce qu&rsquo;il semble \u00eatre un sentier plus ou moins utilis\u00e9. Il est rare de m&rsquo;entendre parler, quelques grognements quand j&rsquo;entends un bruit suspect tandis que nous traversons une plaine enneig\u00e9e, quelques arbres \u00e9parses, le souffle du vent glacial qui nous fout une claque a chacun de nos pas. Le temps est maussade, la grisaille nous tend les bras et la blancheur de la neige \u00e9blouit notre regard. Heureusement pour nous, tant qu&rsquo;il ne neige pas, nous avons une vision lointaine sur les montagnes qui se dressent au loin. Nous pouvons estimer le temps qu&rsquo;il nous faudra avant d&rsquo;arriver \u00e0 la Pointe d&rsquo;Orage. De l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions, nous entendions comme des cr\u00e9pitements et des bruits sourds. La montagne sait qu&rsquo;on arrive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je garde un \u0153il bien ouvert, estimant que les sombres adorateurs disposent de veilleurs pr\u00eat \u00e0 se pr\u00e9cipiter pour alerter leur camp respectif. Soudain, je fais un signe pour que nous nous arr\u00eations, le bras droit en l&rsquo;air \u00e0 hauteur d&rsquo;\u00e9paule et le poing serr\u00e9, signe qu&rsquo;il faut s&rsquo;arr\u00eater. A notre droite, je remarque d&rsquo;\u00e9tranges empreintes, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de loups mais bien plus grosses et avec une \u00e9trange particularit\u00e9. Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls \u00e0 errer dans les terres du nord, d&rsquo;innombrables b\u00eates et monstres r\u00f4dent. Depuis l&rsquo;invasion des titans, d&rsquo;\u00e9tranges ph\u00e9nom\u00e8nes se sont manifest\u00e9s partout \u00e0 Seka\u00ef. L&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 se ressent partout o\u00f9 nos pieds foulent les terres en dehors des grandes cit\u00e9s. Malheureusement, les villages de campagnes et petites bourgades n&rsquo;ont pas eu cette m\u00eame chance. Apr\u00e8s avoir averti le groupe que nous sommes sur le passage d&rsquo;une \u00e9ventuelle meute de loups, nous continuons notre avanc\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 une mar\u00e9e de sang. Un petit peloton reikois a \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9chiquet\u00e9, il ne reste plus rien mis \u00e0 part les os et des v\u00eatements en lambeaux. L&rsquo;odeur de morts empeste l&rsquo;atmosph\u00e8re, tandis que je m&rsquo;approche d&rsquo;un macchab\u00e9, j&rsquo;inspecte du regard tout en utilisant la lame de ma hache pour bouger le cadavre. Les empruntes des hommes s&#8217;emm\u00ealent avec celles que l&rsquo;on a pu rep\u00e9rer quelques instants avant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014&nbsp;Ces hommes n&rsquo;\u00e9taient certainement pas pr\u00e9par\u00e9s. Les b\u00eates qui les ont attaqu\u00e9s devaient \u00eatre affam\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bruit sourd de l&rsquo;orage qui \u00e9clate se fait de plus en plus bruyant, il devient difficile d&rsquo;\u00e9couter ce qu&rsquo;il se passe autour de nous. D&rsquo;autant que l&rsquo;odeur de sang attirera certainement d&rsquo;autres monstres, nous devons rester vigilant. Il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 faire pour eux, nous devons seulement continuer notre affaire et trouver le moyen d&rsquo;atteindre rapidement la Pointe d&rsquo;Orage. Nos pas s&rsquo;enfoncent dans la neige, avan\u00e7ant difficilement dans un endroit tr\u00e8s peu r\u00e9put\u00e9. Aucun chemin, aucun sentier \u00e0 l&rsquo;horizon. Le tout est recouvert d&rsquo;une \u00e9paisse couche blanche \u00e0 perte de vue, dans le froid glacial des terres du nord et proche des bois. J&rsquo;ai la sensation d&rsquo;\u00eatre observ\u00e9, sans savoir par qui ou par quoi. Les immenses sapins et les nombreux arbres sans feuillages se resserrent, nous obstruant la vue des montagnes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soudain, un esp\u00e8ce de loup blanc sort de dessous la neige et se jette sur moi. D&rsquo;autres canid\u00e9s de glace s&rsquo;extirpent de la poudreuse pour se projeter sur les Serres Pourpres, ils sont brutaux et rapides. Leur grognement r\u00e9sonne comme le bruit d&rsquo;un tambour, ils nous avaient encercl\u00e9s. Ma hache tenue \u00e0 l&rsquo;horizontal, le pommeau de l&rsquo;arme dans la gueule du loup emp\u00eache l&rsquo;animal de refermer sa m\u00e2choire sur moi. Au-dessus de mon corps, il tente de m&rsquo;arracher la t\u00eate seulement, tenant toujours fermement mon arme, je tente de repousser la b\u00eate qui s&rsquo;efforce de vouloir croquer la poign\u00e9e. Je d\u00e9ploie toutes mes forces et repousse l&rsquo;animal violemment \u00e0 l&rsquo;aide de plusieurs coups de pied dans les pattes arri\u00e8res du cl\u00e9bard de glace. Il se rel\u00e8ve, son regard noir et sa gueule assoiff\u00e9e de sang.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014&nbsp;Voil\u00e0 donc les coupables de cette mutinerie. Nous n&rsquo;avons pas le choix, il va falloir se charger d&rsquo;eux avant d&rsquo;atteindre notre objectif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l&rsquo;on veut et ces loups des glaces vont nous le faire comprendre. Retardant ainsi notre escapade en direction de la Pointe d&rsquo;Orage, il va falloir d&rsquo;abord faire le m\u00e9nage aupr\u00e8s de ces b\u00eates.<br><br>https:\/\/giphy.com\/embed\/drCVY2JqSXqzhzfwNZ<br>Notre chemin continua dans les terres du Nord, nous nous engageons sur un terrain bien plus dangereux, ne sachant pas r\u00e9ellement de quoi ces h\u00e9r\u00e9tiques sont capables. Les loups de glace n&rsquo;\u00e9taient que du menu fretin pour Alasker et ses D\u00e9voreurs, rien ne peut les arr\u00eater et je dois admettre qu&rsquo;ils sont coriaces. Leur chef montre une r\u00e9elle passion pour le combat, tuant n&rsquo;importe qui se mettant en travers de sa route et de son objectif. J&rsquo;ai encore bien du mal \u00e0 enregistrer les pr\u00e9noms de chacun des membres des D\u00e9voreurs, et \u00e0 vrai dire, je ne suis pas l\u00e0 pour me faire des amis. Ma mission consiste simplement \u00e0 \u00e9radiquer la menace avec un groupe de guerriers aguerris, de vrais bouchers sur le terrain qui ne se contentent pas seulement de tordre le cou de ses adversaires. La sc\u00e8ne de combat est sanguinaire, les quelques loups survivants ont compris que seule la mort les attendait s&rsquo;ils restaient devant nous, alors ils ont fui. Apr\u00e8s avoir nettoy\u00e9 nos armes, nous avons pataug\u00e9 sous la pluie diluvienne, nos bottes s&rsquo;enfon\u00e7ant un peu plus dans la boue et avons emprunt\u00e9 un chemin escarp\u00e9, en bordure de la Pointe d&rsquo;Orage. La temp\u00eate est violente, les coups de tonnerre nous arrachent les tympans tandis que quelques \u00e9clairs illuminent la sc\u00e8ne. Je repense aux contes pour enfants o\u00f9 les monstres se tapissent dans l&rsquo;obscurit\u00e9 avant d&rsquo;attaquer leur proie. Id\u00e9alement, nous sommes ces monstres. La seule faune qui nous entoure est compos\u00e9e de quelques arbres morts et de buissons \u00e9pineux, la neige fondue est devenue un v\u00e9ritable bourbier. Afin de ne pas nous faire rep\u00e9rer, nous restons \u00e0 l&rsquo;abri des regards derri\u00e8re une butte et inspectons les environs avant de lancer l&rsquo;assaut. Nous avons rep\u00e9r\u00e9 d&rsquo;immenses murs de bois, faits de rondins. Mon corps est mouill\u00e9 bien que l&rsquo;\u00e9paisse fourrure entoure mes \u00e9paules et mon dos. Les lames du Chaos sont accroch\u00e9es dans mon dos et n&rsquo;attendent qu&rsquo;une chose, dilapider dans une gicl\u00e9e sanglante les ennemis de notre nation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Spoiler:<br>Nous nous frayons un chemin vers les remparts, sous couvert de la pluie tandis que nous nous collons contre les murs. Quelques gardes patrouillent, nous ne discernons pas correctement leur blason ni m\u00eame le type d&rsquo;\u00e9quipement qu&rsquo;ils poss\u00e8dent. Alasker me propose d&rsquo;ouvrir le champ ou de laisser ses sbires s&rsquo;en occuper. Ma fiert\u00e9 de reikois et mon envie irr\u00e9pressible de faire usage de mes armes ne laissent alors qu&rsquo;un silence entre nous, o\u00f9 seule la pluie tambourine l&rsquo;espace. Les flammes vacillantes des torches n&rsquo;\u00e9clairent pas plus nos ennemis et je pr\u00e9f\u00e8re que nous nous scindions pour plus de prises sur l&rsquo;adversaire. Tel un \u00e9tau qui se resserre, il nous faut v\u00e9rifier qu&rsquo;il n&rsquo;y ai pas plusieurs sorties et si tel est le cas, que quelques d\u00e9voreurs obstruent la voie. Le groupe se s\u00e9pare en deux et nous allons chacun dans une direction. Un camp, m\u00eame de fortune, ne peut disposer que d&rsquo;une entr\u00e9e, il faut obligatoirement une sortie s&rsquo;il venait \u00e0 y avoir un d\u00e9part de feu ou des hostilit\u00e9s. Les cha\u00eenes sur mes deux avant-bras se d\u00e9lient, tandis que je r\u00e9cup\u00e8re dans une main et dans l&rsquo;autres mes lames \u00e9crant\u00e9es, il est temps de les utiliser. Devant nous, deux gardes adoss\u00e9s contre le mur discutent, v\u00eatu d&rsquo;une armure de fortune avec une toge blanche, leurs v\u00eatements imbib\u00e9s d&rsquo;eau et leurs bottes pleine de gadoue confirme qu&rsquo;ils ont subit l&rsquo;intemp\u00e9rie depuis un moment. Est-ce que l&rsquo;on va faire dans la dentelle ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 G\u00e9rard, est-ce que c&rsquo;est la poule ou l&rsquo;\u0153uf qui est sorti en pre&#8230; ? G\u00e9rard ? GERARD !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9nomme G\u00e9rard n&rsquo;a pas eu le temps de r\u00e9pondre qu&rsquo;une lame transper\u00e7a son thorax, filant comme le vent, d\u00e9chiquetant l&rsquo;armure de la cible, la pointe visible et ensanglant\u00e9e de celle-ci d\u00e9passe de l&rsquo;homme qui n&rsquo;a pas eu le temps de r\u00e9agir. Son comp\u00e8re commence \u00e0 reculer et \u00e0 porter du bout des l\u00e8vres le cor qu&rsquo;il garde \u00e0 son ceinturon, c&rsquo;\u00e9tait sans compter sur un des D\u00e9voreurs qui se jeta sur lui pour l&#8217;emp\u00eacher de souffler dans l&rsquo;objet de cuivre. Les deux corps inertes baignent dans une mare de sang, ainsi notre petite aventure commence par semer la mort dans notre sillage. J&rsquo;inspecte de plus pr\u00e8s le blason de leur armure, il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une de nos cibles. Dans cette obscurit\u00e9 sordide et o\u00f9 la pluie cache les cris de nos victimes, nous assi\u00e9geons le petit village qui s&rsquo;\u00e9tait construit. Aucun sourire, aucune once de joie, aucun sentiment ne paraissent sur mon visage car je ne suis qu&rsquo;une arme au service du Reike. On commence \u00e0 entendre des hurlements \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e0 croire que nos amis se sont amus\u00e9s de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 \u00e0 y aller franco. Je jette un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e et nous nous propulsons pour d\u00e9truire ce camp de mis\u00e8re. Un cor sonne dans l&rsquo;enceinte du fort, assourdissant malgr\u00e9 le vacarme les gerbes d&rsquo;eau qui nous tombe dessus. Quelques assaillants se rapprochent tandis que des arbal\u00e9triers nous visent des hauteurs des remparts. Je choisis de grimper et d&rsquo;aller d\u00e9truire ces hommes \u00e9quip\u00e9s \u00e0 distance. Sans aller jusqu&rsquo;\u00e0 grimper l\u00e0-haut, je range mes lames et m&#8217;empare de ma hache, fracassant d&rsquo;un coup puissant le mur de bois qui explose, projetant des d\u00e9bris \u00e0 plusieurs centaines de m\u00e8tres. Quelques corps sont projet\u00e9s dans les airs avant de retomber par la force gravitationnelle dans un craquement sourd.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon corps s&rsquo;acharne et les quelques hommes arm\u00e9s ne font pas long feu. D\u00e9ployant notre force destructrice, nous remarquons qu&rsquo;ils ne sont pas taill\u00e9s pour le combat. Toutefois, tandis que nous avan\u00e7ons \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du camp, plusieurs femmes et enfants accourent se r\u00e9fugier dans une des maisons centrales, empruntant une esp\u00e8ce de passage souterrain. Les d\u00e9voreurs pi\u00e9tinent, arrachent, d\u00e9truisent sans sourciller, s&rsquo;exclamant avec f\u00e9rocit\u00e9, s&rsquo;extasiant de ce massacre sans fin. Le sang gicle et se m\u00eale \u00e0 la boue, le sol est glissant et les murs se brisent dans des \u00e9boulements.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Soudain, un peu plus loin, je distingue un arsenal singulier, des \u00e9normes arbal\u00e8tes balistiques nous pointent. J&rsquo;ai \u00e0 peine le temps de r\u00e9agir en sautant d&rsquo;un bond qu&rsquo;une fl\u00e8che immense vint transpercer le lieu o\u00f9 je me trouvais \u00e0 l&rsquo;instant, faisant exploser quelques corps dans une gerbe de sang, rapi\u00e9\u00e7ant le reste des cadavres pr\u00e9sents. Voil\u00e0 donc un des \u00e9quipements que souhaitent utiliser ses ren\u00e9gats pour sauver Zei. Ils savent pertinemment que leur pouvoir au sein du Berceau est r\u00e9duit quasiment \u00e0 n\u00e9ant, ils ont donc sorti les grands moyens. En v\u00e9rit\u00e9, cette arme est destructrice, mais met du temps \u00e0 se recharger. Bien \u00e9videmment, il n&rsquo;y en a pas qu&rsquo;une. Sortant de sous des esp\u00e8ces de b\u00e2che artisanale en peau grasse, ces \u00e9normes balises nous pointent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chaos est total, nos adversaires d\u00e9tiennent des outils ayant une puissance destructrice, il nous fallait les d\u00e9truire. Une femme et son enfant se dirigent vers le trou b\u00e9ant dans le rempart que j&rsquo;ai explos\u00e9 un peu plus t\u00f4t, je vais dans leur direction, rangeant ma hache pour me servir de nouveaux de mes armes qui tournoient autour de ma t\u00eate. Je n&rsquo;ai plus d&rsquo;\u00e2me. Plus de c\u0153ur. Je ne suis qu&rsquo;une arme. La m\u00e8re a la t\u00eate d\u00e9coup\u00e9e tandis que la petite fille court, pleurant avec effroi jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle jette un coup d&rsquo;\u0153il derri\u00e8re elle avant que la deuxi\u00e8me lame ne vienne percuter son abdomen et la couper en deux, son corps s&rsquo;\u00e9vanouit contre le sol. Ce travail, seul les plus d\u00e9termin\u00e9s et les plus d\u00e9vou\u00e9s au Reike en sont capables. Apr\u00e8s tout, ce sont ces fanatiques qui ont retir\u00e9 sa femme et ont tu\u00e9 son fils. Sans leurs titans qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme des divinit\u00e9s, je serai certainement un homme diff\u00e9rent. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est sans remords que je m&rsquo;attaque \u00e0 ce village.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les arbal\u00e8tes balistiques entament un chant, sifflant chacune tour \u00e0 tour leur carreau d&rsquo;une longueur incroyable. D\u00e9truisant tout sur leur passage, au sein m\u00eame de leur propre camp, ils savent que nous ne reculerons devant rien. Les cris d&rsquo;agonie et le vermeil qui s&rsquo;\u00e9coule sous nos pieds n&rsquo;est qu&rsquo;une mise en bouche de ce qui nous attend pour la suite. Je regarde une derni\u00e8re fois le corps de la fillette, avec un soupir, approche ma main des yeux de l&rsquo;enfant que je ferme avant de reprendre le combat.<br><br>Ce qu&rsquo;ils appellent Divins ne sont en r\u00e9alit\u00e9 que des engeances venues nous pi\u00e9tiner et d\u00e9truire, car leur r\u00e8gne s&rsquo;ach\u00e8ve suite aux humains qui ont su se lib\u00e9rer de leurs cha\u00eenes. Ces \u00e9cervel\u00e9s, pensaient-ils r\u00e9ellement pouvoir briser le Reike et r\u00e9cup\u00e9rer la titanide, prisonni\u00e8re sur l&rsquo;\u00eele du Berceau ? Ils ne peuvent pas comprendre ce qui leur arrive sur le coin de la figure. Nous ne sommes qu&rsquo;un petit groupe de guerriers d&rsquo;\u00e9lites au sein de notre nation, l\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;innombrables hommes et femmes sont vou\u00e9s \u00e0 arracher la t\u00eate de personnalit\u00e9 telle que ces \u00e9nergum\u00e8nes qui prient \u00e0 mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous ne sommes qu&rsquo;un petit groupe de guerriers d&rsquo;\u00e9lites au sein de notre nation, l\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;innombrables hommes et femmes sont vou\u00e9s \u00e0 arracher la t\u00eate de personnalit\u00e9 telle que ces \u00e9nergum\u00e8nes qui prient \u00e0 mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous, \u00eatres petits et mortels, avons r\u00e9ussit \u00e0 tuer un de leur dieu et emprisonner une autre, une immense victoire qui nous a permis de nous rendre compte que nous pouvons briser ces \u00eatres venus des cieux, semant le chaos et la destruction sur Seka\u00ef. Je n&rsquo;ai jamais dout\u00e9 de nos d\u00e9fenses, de nos attaques, car les hommes du Reike sont les plus tenaces, les plus aguerris et les plus assidus. Quand je vois les cadavres qui sont amoncel\u00e9s au sein du campement, un semblant de rictus orne le coin de mes l\u00e8vres. Revenant aupr\u00e8s des vaillants guerriers, nous clamons notre victoire quand soudain, la voix d&rsquo;un des d\u00e9voreurs r\u00e9sonne et nous prenons nos positions car en effet, des petites lumi\u00e8res apparaissent dans notre champ de vision par la br\u00e8che. Quelques balistes sont inutilisables car certaines ont \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9es durant le combat contre le campement. Je me dirige vers les hauteurs et commence, avec l&rsquo;aide d&rsquo;un autre d\u00e9voreur, \u00e0 mettre en position l&rsquo;outil balistique qui nous servira \u00e0 empaler ces traitres \u00e0 la nation. Nous cherchons \u00e9galement de quoi recharger, un petit stock de carreau d&rsquo;une dimension \u00e9tonnamment grande et lourde. Heureusement pour nous, ce n&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;un petit exercice de musculation et nous allons m\u00eame pouvoir nous amuser \u00e0 r\u00e9utiliser ses armes. Nous nous d\u00e9ployons rapidement, d\u00e9blayant les cadavres sur le terrain qui pourraient nous g\u00eaner. D&rsquo;autant que la fum\u00e9e et les couleurs rougeoyantes qui se d\u00e9gagent des braises donnent un aspect apocalyptique \u00e0 cette sc\u00e8ne. Chaque d\u00e9voreurs s&#8217;empressent de r\u00e9cup\u00e9rer les balistes encore utilisables et de les pointer dans la direction de nos ennemis qui s&rsquo;approchent \u00e0 vive allure. La pluie nous mart\u00e8le et nous avons encore du mal \u00e0 distinguer le nombre de fanatiques qui s&rsquo;approchent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">___________________________<br>\u2014 En position ! Hurle un des commandants, drap\u00e9 d&rsquo;une armure en m\u00e9tal avec un symbole repr\u00e9sentant une croix. Les hommes sont arm\u00e9s d&rsquo;\u00e9p\u00e9es et de boucliers, certains portent une torche \u00e0 la main et scrutent l&rsquo;immense fum\u00e9e noir\u00e2tre qui surplombe les montagnes. Des cendres s&rsquo;\u00e9chappent des b\u00e2timents en feu un peu plus loin, heureusement pour eux, ils ne sont qu&rsquo;\u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la position de ce campement et vont pouvoir riposter. Ils pensent certainement \u00e0 une attaque de bandits et esp\u00e8rent que quelques-uns de leurs comp\u00e8res ont surv\u00e9cu. Le temps est rude et bien que la pluie tambourine leur casque et s&rsquo;infiltre de part et d&rsquo;autre, ils continuent leur avanc\u00e9e avec une grande discipline. Ce n&rsquo;est pas de grands guerriers, mais ils savent qu&rsquo;il ne faut pas foncer t\u00eate baiss\u00e9e face \u00e0 l&rsquo;ennemi. Ce serait du suicide. Le commandant ainsi que quelques uns de ses hommes portent un cor \u00e0 son ceinturon, il attend d&rsquo;\u00eatre plac\u00e9 \u00e0 deux miles de la position du camp avant de sonner celui-ci. Les hommes sont en rangs et bien organis\u00e9s, une cinquantaine d&rsquo;hommes pr\u00eats \u00e0 venir en aide \u00e0 leur compagnon en proie aux flammes. Un premier son de cor r\u00e9sonne, tonitruant et grave. Le commandant attend et rien ne se passe. Il sonne de nouveau dans le cor une deuxi\u00e8me fois et attend, patiemment, avant d&rsquo;avancer avec ses hommes. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il entend le son d&rsquo;un cor provenant du camp. Le commandant toise ses hommes et commencent \u00e0 avancer, toujours sur ses arri\u00e8res. Sait-on jamais ce qu&rsquo;il peut s&rsquo;y trouver, alors tous, arm\u00e9s de leur bouclier, se mettent sur la d\u00e9fensive. Un des guerriers \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du commandant commence \u00e0 s&rsquo;exprimer :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Qu&rsquo;allons-nous faire une fois sur place ?<br>\u2014 Soigner les bless\u00e9s, enterrer les morts, si tant est qu&rsquo;il y en a et les aider \u00e0 \u00e9teindre les flammes.<br>\u2014 C&rsquo;est \u00e9trange qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de cri de panique.<br>\u2014 Attendez&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commandant s&rsquo;arr\u00eate soudain quand, sans crier gare, un carreau d&rsquo;arbal\u00e8te d&rsquo;une certaine envergure vint exploser le corps du petit guerrier \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Les \u00e9claboussures de sang vinrent se r\u00e9pandre comme une tra\u00een\u00e9e de poudre sur les hommes plac\u00e9s sur les c\u00f4t\u00e9s, ceux derri\u00e8re le petit guerrier ont \u00e9galement p\u00e9rit. Une petite brochette qui empala deux hommes, morts sur le coup. Un bras et une jambe du petit guerrier voltigent dans les airs avant de retomber avec un bruit sourd. Le commandant sonne dans son cor une nouvelle fois, prit de panique et ordonne \u00e0 ses guerriers de courir. Malheureusement pour eux, le terrain battu et jonch\u00e9 de neige, de boue et de pluie ne va pas les aider dans leur progression. Alors, ils chargent sans sourciller, criant de toute leur force pour se donner du courage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">_____________________________<br>\u2014&nbsp;Joli tir !&nbsp;dis-je au d\u00e9voreur ayant pris la directive de lancer, tellement impatient semblait-il. Apr\u00e8s tout, nous avions une magnifique ligne droite, bien que cela ne suffira pas. Nos adversaires avancent \u00e0 grand pas, leurs \u00e9p\u00e9es sont brandit et leur bouclier comme protection. N&rsquo;ont-ils pas compris qu&rsquo;un carreau de cette taille se fiche \u00e9perdument d&rsquo;un pauvre bout de m\u00e9tal ? Je prends un carreau, la place sur la baliste et recharge la machine. Cela prend du temps, seulement, je ne suis pas le seul \u00e0 avoir d\u00e9got\u00e9 une de ses armes. Plut\u00f4t efficaces, bien qu&rsquo;encombrantes et lourdes. Ce genre d&rsquo;armes irait bien au-dessus des grandes murailles qui entourent Taisen ou Ikusa. Nos c\u0153urs s&rsquo;enflamment et la hardiesse du combat nous envahit, nous sommes heureux de contribuer \u00e0 la fin de ces religieux fanatiques, errant sur les terres du Nord. Ce menu fretin est un bon exercice pour les D\u00e9voreurs, comme pour moi-m\u00eame. Cela nous change des tours de garde ou des rondes nocturnes. De plus, au Berceau, mis \u00e0 part les cris et les lamentations des prisonniers, Ze\u00ef est silencieuse, parce que sa prison l&#8217;emp\u00eache de nous murmurer quoi que ce soit. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de moi, j&rsquo;entends un carreau qui s&rsquo;\u00e9lance comme un harpon dans la direction de nos ennemis. On entend un grand fracas, avec des cris d&rsquo;agonies, de pleurs et de peurs. Je me sens vivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014&nbsp;Ils ne sont pas au bout de leur surprise !&nbsp;Esquissais-je d&rsquo;un sourire. Il est rare de me voir dans de telles conditions. Toutefois, l&rsquo;ambiance s&rsquo;y pr\u00eate et j&rsquo;aime ce chaos, ces cendres, ce carnage et voir tous ces pa\u00efens recouvrir la terre m\u00e8re de leur sang. Je me r\u00e9jouis de cette souffrance et esp\u00e8re que le Reike soit fier de ses valeureux guerriers. Nous repr\u00e9sentons une nation, sous une seule et m\u00eame banni\u00e8re, nous ne plierons pas le genou. Furieux, le plaisir du combat et la haine des h\u00e9r\u00e9tiques nous galvanisent. Apr\u00e8s plusieurs coups de carreaux balanc\u00e9s \u00e0 travers la br\u00e8che, nous nous armons une derni\u00e8re fois de nos armes pour \u00e9radiquer ces cr\u00e9tins. Ils n&rsquo;ont d&rsquo;yeux que pour leurs divinit\u00e9s qui les ont abandonn\u00e9s, des sc\u00e9l\u00e9rats qui n&rsquo;ont pas compris que seuls les mortels sont les plus intelligents et retors. Je ne comprendrais jamais ces vauriens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014&nbsp;\u00c0 mort !&nbsp;Lan\u00e7ais-je.&nbsp;Essayer d&rsquo;en garder un en vie, nous irons le cuire. Avec h\u00e2te, je me pr\u00e9cipite par-del\u00e0 la br\u00e8che et m&rsquo;avance fi\u00e8rement vers ces salauds, mes lames du chaos en main. Il ne me reste qu&rsquo;\u00e0 terminer ce tour de danse, prenant un malin plaisir \u00e0 fa\u00e7onner le monde dans lequel nous vivons. \u00c9radiquant la menace qui p\u00e8se sur notre territoire, le Reike n&rsquo;a pas besoin de religion, de religieux, de croyants en des titans qui \u00e9crasent, annihilent et d\u00e9ciment sans piti\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 nous, porteur d&rsquo;espoir et combattants de faire le tri. Allons-y gaiement.<br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte issu d\u2019un RP collaboratif (Cendres \u2013 Froide Punition, PV Aesir). Publication \u00e0 titre d\u2019archive personnelle. Ce texte est compos\u00e9 exclusivement de passages \u00e9crits par moi-m\u00eame. Les r\u00e9ponses des autres joueurs ne sont pas reproduits . 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Au centre de cet endroit se trouve une forteresse anti-magie, imposante et gigantesque. Gard\u00e9e par de nombreux gardiens et quelques akkelanaks dont je fais parti. La titanide Zei est prisonni\u00e8re, ne pouvant s\u2019\u00e9chapper de sa prison d\u2019adamantite et des cha\u00eenes en barre du roi, sa magie r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. A chaque fois que je passe devant, je repense \u00e0 notre combat contre le titan Kazgoth, vaincu. Le nombre de morts est ind\u00e9nombrable suite \u00e0 cette attaque, bien que l\u2019empereur Tensai et l\u2019imp\u00e9ratrice Ayshara \u00e9taient sur le champ de bataille, les soldats se faisaient \u00e9craser, d\u00e9membrer, lapider a vu d'\u0153il. Kazgoth \u00e9tait infernal, un titan de la pire esp\u00e8ce ayant \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 des innocents, dont celle de mon fils.\u00a0<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Lorsque je jette un \u0153il devant la prison d\u2019adamantite, ma haine grandit de jour en jour, les poings serr\u00e9s et pr\u00eat \u00e0 d\u00e9gainer mes lames. Je n\u2019attends qu\u2019une seule chose : l\u2019an\u00e9antir. Bien que meurtri par la mort de mon fils, je tiens \u00e0 honorer sa m\u00e9moire en jurant d\u00e9truire d\u2019autres titans comme Kazgoth. Zei reste en vie, pour l\u2019instant. Je souhaite arracher la t\u00eate de cette B\u00eate, un animal aux traits humano\u00efdes sans aucune once d\u2019humanit\u00e9. Je ne comprends pas comment des hommes et des femmes prient pour ces cauchemars ambulants. Ne comprennent-ils pas que nous ne sommes pas les jouets de ces entit\u00e9s d\u00e9moniaques ? Pire que des d\u00e9mons, les titans sont du poison qui se r\u00e9pandent sur Seka\u00ef. Et nous, Reikois, en sommes l\u2019antidote.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Draksang Feunoyr m'interpelle un soir et me tend une lettre envoy\u00e9e du couple royal, il semblerait que des groupes d\u2019individus se rassemblent, des fanatiques des titans. Loin dans les terres du Nord si\u00e8ge un groupuscule et ceux-ci sont en train de pr\u00e9parer un arsenal assez cons\u00e9quent, souhaitant lib\u00e9rer Zei du Berceau. Depuis le retour des titans il y a quasi trois ans, les terres shoumeiennes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9es et bon nombre de civils se sont laiss\u00e9s embrigader dans des groupes occultes. Pr\u00e9f\u00e9rant vouer leur corps et leur \u00e2me dans un culte qui bafoue toute logique. La foi est quelque chose que je r\u00e9pugne. Tout ce qui compte, ce sont les actes, la bravoure, l\u2019intelligence et la sagesse et non pas une pri\u00e8re pour des \u00eatres semant la mort et le chaos.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014 Par ordre du couple royal, vous serez amen\u00e9 \u00e0 vous rendre dans les terres du Nord. Allez en direction de Givrefeux, l\u00e0-bas s\u2019y trouve un avant-poste, vous serez amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9manteler ce groupuscule et d\u00e9truire tout leur \u00e9quipement. Vous ne serez pas seul, &nbsp;d\u00e9clara formellement Draksang.<br>\u2014&nbsp;Uhmmm. Bien.<br>\u2014 La femme qui dirige Givrefeux se nomme Sullie Gerak. Vous devrez la rejoindre une fois sur place. Normalement, elle est au courant de la situation. Votre pr\u00e9sence est requise et vous me ferez un rapport lorsque vous rentrerez. Zei est notre priorit\u00e9. Cette mission devrait \u00eatre du menu fretin,&nbsp;<strong>Aesir<\/strong>.&nbsp;<br>\u2014&nbsp;Uhm.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Sans un mot de plus, je pr\u00e9pare le strict minimum pour partir en exp\u00e9dition jusque dans les terres du Nord. Le Berceau est un endroit recul\u00e9 et pour pouvoir traverser la mer int\u00e9rieure, il me faut prendre une barque. Les lames dans mon dos ainsi que ma hache, portant une fourrure sur les \u00e9paules ainsi que mon armure de cuir et de m\u00e9tal, je presse le pas jusqu\u2019\u00e0 rejoindre le point d\u2019eau le plus proche de la position de la forteresse. Je tra\u00eene une barque en bois par une corde que je tire tout le long du voyage jusqu\u2019au bord du rivage. Une fois la barque \u00e0 l\u2019eau, &nbsp;une pagaie en main, me voil\u00e0 en route vers Givrefeux.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je suis pass\u00e9 par Ikusa pour emprunter un chemin menant vers la garnison du dix-neuvi\u00e8me, ne faisant qu\u2019une br\u00e8ve halte le temps de r\u00e9cup\u00e9rer quelques victuailles. Personne ne reconna\u00eet l\u2019un des soldats ayant brav\u00e9 Kazgoth, dans tous les cas, les soldats d\u2019\u00e9lite ne sont que les armes du pays et ne souhaitent &nbsp;nullement la gloire. Le voyage se fera sans encombre, peu de monde emprunte ces chemins et si quelques g\u00e9omis se trouvaient sur le chemin, celles-ci ne rest\u00e8rent pas en vie bien longtemps.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>La garnison est enfin visible, apr\u00e8s deux semaines de voyage, me voil\u00e0 arpentant les terres enneig\u00e9es du nord. Les murs ne paient pas de mine compar\u00e9s \u00e0 ceux du Berceau. L\u2019avant-poste est un endroit strat\u00e9gique, permettant d\u2019\u00eatre au centre de ces terres hostiles et de garder un \u0153il sur tout ce qu\u2019il s\u2019y passe. Le Reike a des yeux et des oreilles partout \u00e0 Seka\u00ef. Certains rel\u00e8vent la t\u00eate tandis que j\u2019approche des portes de Givrefeux. Deux soldats au niveau des portes, armes en main, me laissent passer sans rechigner. Je ne suis encore jamais venu ici, de toute mani\u00e8re je n\u2019ai qu\u2019un objectif en t\u00eate, celui de d\u00e9cimer un groupuscule.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>La maire de la ville si\u00e8ge dans un b\u00e2timent reconnaissable, taill\u00e9e dans la roche et \u00e0 la toiture rudimentaire. Un village aust\u00e8re sans grande pr\u00e9tention, qui respire les souvenirs ainsi qu\u2019un lourd pass\u00e9. Entour\u00e9 par la nature, l\u2019\u00e9pine dorsale du bourg, les art\u00e8res qui la s\u00e9parent ne sont l\u00e0 que pour assurer des liaisons jusqu'\u00e0 une eau si pr\u00e9cieuse. Le site n\u2019est pas tr\u00e8s large mais il y fait presque bon vivre. La femme qui tient les r\u00eanes se l\u00e8ve tandis que je foule les pieds \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la b\u00e2tisse. Se levant de son fauteuil, elle s\u2019avance d\u2019un pas d\u00e9cisif et vient me saluer. Serrant nos mains, celle-ci s\u2019annonce :&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014 Vous \u00eates celui que l\u2019on attendait. Prenez place.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Elle me montre une chaise et me laisse m\u2019installer tandis qu\u2019elle replace du bois dans la chemin\u00e9e. Nous \u00e9changeons quelques paroles. Je ne suis pas un beau parleur et ma mission est claire. Elle voit bien dans mon regard que je ne cherche pas \u00e0 me reposer, celle-ci s'empare d'une carte qu'elle enroule puis, nous nous dirigeons \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du village, d\u00e9ambulant parmi les tentes des reikois venus s\u2019installer l\u00e0. Nos bottes foulent la neige devenu un terrain boueux, plusieurs unit\u00e9s chantent en c\u0153ur, d\u2019autres s'esclaffent, tandis que certains s\u2019occupent de couper du bois de chaud ou pr\u00e9parer des mixtures dans des marmites. Un m\u00e9lange d\u2019odeur \u00e9mane dans l\u2019air, entre le froid gla\u00e7ant des terres du nord, des soupes et du feu de bois, de sueur et d\u2019alcool. Je replonge dans quelques souvenirs d\u2019antan. Soudain, j\u2019aper\u00e7ois un groupe singulier dot\u00e9 d\u2019une armure rouge et Sullie les interpelle. Voici donc le groupe qui fera parti des op\u00e9rations. N\u2019\u00e9tant pas tr\u00e8s dou\u00e9 pour les pr\u00e9sentations, je reste de marbre et salue \u00e0 la mani\u00e8re des reikois, un poing sur le coeur.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014\u00a0<strong>Aesir<\/strong>. Akkelanak septentrional. \u00a0Zei, la titanide, est la proie de fanatiques qui cherchent \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9rer. Ils ont quelques camps et cherchent \u00e0 se rassembler avec tout un arsenal. Nous sommes ici pour une seule chose : les d\u00e9truire.\u00a0<br>\u2014 De notre c\u00f4t\u00e9, nous avons pu observer les camps \u00e0 distance et conna\u00eetre leur position exact. Il y a trois camps sur diff\u00e9rents points cardinaux. Le plus proche \u00e9tant \u00e0 l\u2019Est, d\u00e9clare Sullie tout en d\u00e9ployant la carte et montrant des encoches \u00e0 certains endroits.<br>\u2014\u00a0Aucun d\u2019eux ne doit s\u2019\u00e9chapper. Ils pourraient sonner l\u2019alerte. Nous devons agir vite. Si vous avez des id\u00e9es, parlez. Dans tous les cas, je suis pr\u00eat.<br><br>Mon esprit est plus tranquille, je n'ai pas \u00e0 faire avec de la bleusaille, ce qui me rend bien aise de me trouver aupr\u00e8s de ces hommes conscients et pr\u00eats \u00e0 lever les armes pour d\u00e9truire ces fanatiques. Son raisonnement est exactement ce que j'avais en t\u00eate, plut\u00f4t logique et correspond aux attentes du cerveau de ce groupe d'individu. Les Serres Pourpres ont de la chance d'avoir un homme rationnel avec eux et pas seulement un vulgaire boucher, qui se sert de ses hommes comme de la chair \u00e0 canon. Cela d\u00e9note une certaine humanit\u00e9, car apr\u00e8s tout, on se lie les uns aux autres lorsque l'on est group\u00e9. On se sert les coudes, on s'\u00e9coute, on partage les douleurs et les souffrances, comme les moments de joie et de rigolade. Toutefois, l'heure n'est pas \u00e0 la distraction et il est m\u00eame imp\u00e9ratif que notre mission s'ach\u00e8ve en bonne et due forme. Une fois l'explication de l'homme imposant termin\u00e9e, je pose une main sous mon menton et r\u00e9fl\u00e9chit murement, analysant la carte et me m\u00e9fiant de ce lac s\u00e9parant les deux camps situ\u00e9s \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de notre position. Je ne pense pas non plus qu'ils aient des bateaux mais, il vaut mieux garder l'hypoth\u00e8se qu'ils en disposent. Aucune cible ne doit nous \u00e9chapper, Zei doit rester enferm\u00e9 au sein du Berceau. Ces croyants croient encore qu'il est possible de sauver un titan dans une prison faite d'une mati\u00e8re tr\u00e8s r\u00e9sistante, pourtant, nous ne pouvons les laisser gangr\u00e9ner la population et les laisser croire qu'ils sont des Dieux. Alasker clame notre prochaine destination, ce qui ne m'incommode nullement.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 les pr\u00e9paratifs, nous d\u00e9cidons de partir peu de temps apr\u00e8s cette entrevue. Nous prenons le strict minimum \u00e0 savoir de la nourriture, des gourdes d'eau et de quoi se r\u00e9chauffer. Les paquetages fait, nous entamons notre p\u00e9riple apr\u00e8s un bref adieu \u00e0 Sullie. En t\u00eate aupr\u00e8s d'Alasker, nous avan\u00e7ons dans la neige et la boue, empruntant ce qu'il semble \u00eatre un sentier plus ou moins utilis\u00e9. Il est rare de m'entendre parler, quelques grognements quand j'entends un bruit suspect tandis que nous traversons une plaine enneig\u00e9e, quelques arbres \u00e9parses, le souffle du vent glacial qui nous fout une claque a chacun de nos pas. Le temps est maussade, la grisaille nous tend les bras et la blancheur de la neige \u00e9blouit notre regard. Heureusement pour nous, tant qu'il ne neige pas, nous avons une vision lointaine sur les montagnes qui se dressent au loin. Nous pouvons estimer le temps qu'il nous faudra avant d'arriver \u00e0 la Pointe d'Orage. De l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions, nous entendions comme des cr\u00e9pitements et des bruits sourds. La montagne sait qu'on arrive.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je garde un \u0153il bien ouvert, estimant que les sombres adorateurs disposent de veilleurs pr\u00eat \u00e0 se pr\u00e9cipiter pour alerter leur camp respectif. Soudain, je fais un signe pour que nous nous arr\u00eations, le bras droit en l'air \u00e0 hauteur d'\u00e9paule et le poing serr\u00e9, signe qu'il faut s'arr\u00eater. A notre droite, je remarque d'\u00e9tranges empreintes, comme s'il s'agissait de loups mais bien plus grosses et avec une \u00e9trange particularit\u00e9. Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls \u00e0 errer dans les terres du nord, d'innombrables b\u00eates et monstres r\u00f4dent. Depuis l'invasion des titans, d'\u00e9tranges ph\u00e9nom\u00e8nes se sont manifest\u00e9s partout \u00e0 Seka\u00ef. L'ins\u00e9curit\u00e9 se ressent partout o\u00f9 nos pieds foulent les terres en dehors des grandes cit\u00e9s. Malheureusement, les villages de campagnes et petites bourgades n'ont pas eu cette m\u00eame chance. Apr\u00e8s avoir averti le groupe que nous sommes sur le passage d'une \u00e9ventuelle meute de loups, nous continuons notre avanc\u00e9e jusqu'\u00e0 une mar\u00e9e de sang. Un petit peloton reikois a \u00e9t\u00e9 totalement d\u00e9chiquet\u00e9, il ne reste plus rien mis \u00e0 part les os et des v\u00eatements en lambeaux. L'odeur de morts empeste l'atmosph\u00e8re, tandis que je m'approche d'un macchab\u00e9, j'inspecte du regard tout en utilisant la lame de ma hache pour bouger le cadavre. Les empruntes des hommes s'emm\u00ealent avec celles que l'on a pu rep\u00e9rer quelques instants avant.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014&nbsp;Ces hommes n'\u00e9taient certainement pas pr\u00e9par\u00e9s. Les b\u00eates qui les ont attaqu\u00e9s devaient \u00eatre affam\u00e9es.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le bruit sourd de l'orage qui \u00e9clate se fait de plus en plus bruyant, il devient difficile d'\u00e9couter ce qu'il se passe autour de nous. D'autant que l'odeur de sang attirera certainement d'autres monstres, nous devons rester vigilant. Il n'y a plus rien \u00e0 faire pour eux, nous devons seulement continuer notre affaire et trouver le moyen d'atteindre rapidement la Pointe d'Orage. Nos pas s'enfoncent dans la neige, avan\u00e7ant difficilement dans un endroit tr\u00e8s peu r\u00e9put\u00e9. Aucun chemin, aucun sentier \u00e0 l'horizon. Le tout est recouvert d'une \u00e9paisse couche blanche \u00e0 perte de vue, dans le froid glacial des terres du nord et proche des bois. J'ai la sensation d'\u00eatre observ\u00e9, sans savoir par qui ou par quoi. Les immenses sapins et les nombreux arbres sans feuillages se resserrent, nous obstruant la vue des montagnes.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Soudain, un esp\u00e8ce de loup blanc sort de dessous la neige et se jette sur moi. D'autres canid\u00e9s de glace s'extirpent de la poudreuse pour se projeter sur les Serres Pourpres, ils sont brutaux et rapides. Leur grognement r\u00e9sonne comme le bruit d'un tambour, ils nous avaient encercl\u00e9s. Ma hache tenue \u00e0 l'horizontal, le pommeau de l'arme dans la gueule du loup emp\u00eache l'animal de refermer sa m\u00e2choire sur moi. Au-dessus de mon corps, il tente de m'arracher la t\u00eate seulement, tenant toujours fermement mon arme, je tente de repousser la b\u00eate qui s'efforce de vouloir croquer la poign\u00e9e. Je d\u00e9ploie toutes mes forces et repousse l'animal violemment \u00e0 l'aide de plusieurs coups de pied dans les pattes arri\u00e8res du cl\u00e9bard de glace. Il se rel\u00e8ve, son regard noir et sa gueule assoiff\u00e9e de sang.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014&nbsp;Voil\u00e0 donc les coupables de cette mutinerie. Nous n'avons pas le choix, il va falloir se charger d'eux avant d'atteindre notre objectif.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut et ces loups des glaces vont nous le faire comprendre. Retardant ainsi notre escapade en direction de la Pointe d'Orage, il va falloir d'abord faire le m\u00e9nage aupr\u00e8s de ces b\u00eates.<br><br>https:\/\/giphy.com\/embed\/drCVY2JqSXqzhzfwNZ<br>Notre chemin continua dans les terres du Nord, nous nous engageons sur un terrain bien plus dangereux, ne sachant pas r\u00e9ellement de quoi ces h\u00e9r\u00e9tiques sont capables. Les loups de glace n'\u00e9taient que du menu fretin pour Alasker et ses D\u00e9voreurs, rien ne peut les arr\u00eater et je dois admettre qu'ils sont coriaces. Leur chef montre une r\u00e9elle passion pour le combat, tuant n'importe qui se mettant en travers de sa route et de son objectif. J'ai encore bien du mal \u00e0 enregistrer les pr\u00e9noms de chacun des membres des D\u00e9voreurs, et \u00e0 vrai dire, je ne suis pas l\u00e0 pour me faire des amis. Ma mission consiste simplement \u00e0 \u00e9radiquer la menace avec un groupe de guerriers aguerris, de vrais bouchers sur le terrain qui ne se contentent pas seulement de tordre le cou de ses adversaires. La sc\u00e8ne de combat est sanguinaire, les quelques loups survivants ont compris que seule la mort les attendait s'ils restaient devant nous, alors ils ont fui. Apr\u00e8s avoir nettoy\u00e9 nos armes, nous avons pataug\u00e9 sous la pluie diluvienne, nos bottes s'enfon\u00e7ant un peu plus dans la boue et avons emprunt\u00e9 un chemin escarp\u00e9, en bordure de la Pointe d'Orage. La temp\u00eate est violente, les coups de tonnerre nous arrachent les tympans tandis que quelques \u00e9clairs illuminent la sc\u00e8ne. Je repense aux contes pour enfants o\u00f9 les monstres se tapissent dans l'obscurit\u00e9 avant d'attaquer leur proie. Id\u00e9alement, nous sommes ces monstres. La seule faune qui nous entoure est compos\u00e9e de quelques arbres morts et de buissons \u00e9pineux, la neige fondue est devenue un v\u00e9ritable bourbier. Afin de ne pas nous faire rep\u00e9rer, nous restons \u00e0 l'abri des regards derri\u00e8re une butte et inspectons les environs avant de lancer l'assaut. Nous avons rep\u00e9r\u00e9 d'immenses murs de bois, faits de rondins. Mon corps est mouill\u00e9 bien que l'\u00e9paisse fourrure entoure mes \u00e9paules et mon dos. Les lames du Chaos sont accroch\u00e9es dans mon dos et n'attendent qu'une chose, dilapider dans une gicl\u00e9e sanglante les ennemis de notre nation.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Spoiler:<br>Nous nous frayons un chemin vers les remparts, sous couvert de la pluie tandis que nous nous collons contre les murs. Quelques gardes patrouillent, nous ne discernons pas correctement leur blason ni m\u00eame le type d'\u00e9quipement qu'ils poss\u00e8dent. Alasker me propose d'ouvrir le champ ou de laisser ses sbires s'en occuper. Ma fiert\u00e9 de reikois et mon envie irr\u00e9pressible de faire usage de mes armes ne laissent alors qu'un silence entre nous, o\u00f9 seule la pluie tambourine l'espace. Les flammes vacillantes des torches n'\u00e9clairent pas plus nos ennemis et je pr\u00e9f\u00e8re que nous nous scindions pour plus de prises sur l'adversaire. Tel un \u00e9tau qui se resserre, il nous faut v\u00e9rifier qu'il n'y ai pas plusieurs sorties et si tel est le cas, que quelques d\u00e9voreurs obstruent la voie. Le groupe se s\u00e9pare en deux et nous allons chacun dans une direction. Un camp, m\u00eame de fortune, ne peut disposer que d'une entr\u00e9e, il faut obligatoirement une sortie s'il venait \u00e0 y avoir un d\u00e9part de feu ou des hostilit\u00e9s. Les cha\u00eenes sur mes deux avant-bras se d\u00e9lient, tandis que je r\u00e9cup\u00e8re dans une main et dans l'autres mes lames \u00e9crant\u00e9es, il est temps de les utiliser. Devant nous, deux gardes adoss\u00e9s contre le mur discutent, v\u00eatu d'une armure de fortune avec une toge blanche, leurs v\u00eatements imbib\u00e9s d'eau et leurs bottes pleine de gadoue confirme qu'ils ont subit l'intemp\u00e9rie depuis un moment. Est-ce que l'on va faire dans la dentelle ?<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014 G\u00e9rard, est-ce que c'est la poule ou l'\u0153uf qui est sorti en pre... ? G\u00e9rard ? GERARD !<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le d\u00e9nomme G\u00e9rard n'a pas eu le temps de r\u00e9pondre qu'une lame transper\u00e7a son thorax, filant comme le vent, d\u00e9chiquetant l'armure de la cible, la pointe visible et ensanglant\u00e9e de celle-ci d\u00e9passe de l'homme qui n'a pas eu le temps de r\u00e9agir. Son comp\u00e8re commence \u00e0 reculer et \u00e0 porter du bout des l\u00e8vres le cor qu'il garde \u00e0 son ceinturon, c'\u00e9tait sans compter sur un des D\u00e9voreurs qui se jeta sur lui pour l'emp\u00eacher de souffler dans l'objet de cuivre. Les deux corps inertes baignent dans une mare de sang, ainsi notre petite aventure commence par semer la mort dans notre sillage. J'inspecte de plus pr\u00e8s le blason de leur armure, il s'agit l\u00e0 d'une de nos cibles. Dans cette obscurit\u00e9 sordide et o\u00f9 la pluie cache les cris de nos victimes, nous assi\u00e9geons le petit village qui s'\u00e9tait construit. Aucun sourire, aucune once de joie, aucun sentiment ne paraissent sur mon visage car je ne suis qu'une arme au service du Reike. On commence \u00e0 entendre des hurlements \u00e0 l'int\u00e9rieur, \u00e0 croire que nos amis se sont amus\u00e9s de l'autre c\u00f4t\u00e9 \u00e0 y aller franco. Je jette un coup d'\u0153il \u00e0 l'entr\u00e9e et nous nous propulsons pour d\u00e9truire ce camp de mis\u00e8re. Un cor sonne dans l'enceinte du fort, assourdissant malgr\u00e9 le vacarme les gerbes d'eau qui nous tombe dessus. Quelques assaillants se rapprochent tandis que des arbal\u00e9triers nous visent des hauteurs des remparts. Je choisis de grimper et d'aller d\u00e9truire ces hommes \u00e9quip\u00e9s \u00e0 distance. Sans aller jusqu'\u00e0 grimper l\u00e0-haut, je range mes lames et m'empare de ma hache, fracassant d'un coup puissant le mur de bois qui explose, projetant des d\u00e9bris \u00e0 plusieurs centaines de m\u00e8tres. Quelques corps sont projet\u00e9s dans les airs avant de retomber par la force gravitationnelle dans un craquement sourd.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Mon corps s'acharne et les quelques hommes arm\u00e9s ne font pas long feu. D\u00e9ployant notre force destructrice, nous remarquons qu'ils ne sont pas taill\u00e9s pour le combat. Toutefois, tandis que nous avan\u00e7ons \u00e0 l'int\u00e9rieur du camp, plusieurs femmes et enfants accourent se r\u00e9fugier dans une des maisons centrales, empruntant une esp\u00e8ce de passage souterrain. Les d\u00e9voreurs pi\u00e9tinent, arrachent, d\u00e9truisent sans sourciller, s'exclamant avec f\u00e9rocit\u00e9, s'extasiant de ce massacre sans fin. Le sang gicle et se m\u00eale \u00e0 la boue, le sol est glissant et les murs se brisent dans des \u00e9boulements.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Soudain, un peu plus loin, je distingue un arsenal singulier, des \u00e9normes arbal\u00e8tes balistiques nous pointent. J'ai \u00e0 peine le temps de r\u00e9agir en sautant d'un bond qu'une fl\u00e8che immense vint transpercer le lieu o\u00f9 je me trouvais \u00e0 l'instant, faisant exploser quelques corps dans une gerbe de sang, rapi\u00e9\u00e7ant le reste des cadavres pr\u00e9sents. Voil\u00e0 donc un des \u00e9quipements que souhaitent utiliser ses ren\u00e9gats pour sauver Zei. Ils savent pertinemment que leur pouvoir au sein du Berceau est r\u00e9duit quasiment \u00e0 n\u00e9ant, ils ont donc sorti les grands moyens. En v\u00e9rit\u00e9, cette arme est destructrice, mais met du temps \u00e0 se recharger. Bien \u00e9videmment, il n'y en a pas qu'une. Sortant de sous des esp\u00e8ces de b\u00e2che artisanale en peau grasse, ces \u00e9normes balises nous pointent.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le chaos est total, nos adversaires d\u00e9tiennent des outils ayant une puissance destructrice, il nous fallait les d\u00e9truire. Une femme et son enfant se dirigent vers le trou b\u00e9ant dans le rempart que j'ai explos\u00e9 un peu plus t\u00f4t, je vais dans leur direction, rangeant ma hache pour me servir de nouveaux de mes armes qui tournoient autour de ma t\u00eate. Je n'ai plus d'\u00e2me. Plus de c\u0153ur. Je ne suis qu'une arme. La m\u00e8re a la t\u00eate d\u00e9coup\u00e9e tandis que la petite fille court, pleurant avec effroi jusqu'\u00e0 ce qu'elle jette un coup d'\u0153il derri\u00e8re elle avant que la deuxi\u00e8me lame ne vienne percuter son abdomen et la couper en deux, son corps s'\u00e9vanouit contre le sol. Ce travail, seul les plus d\u00e9termin\u00e9s et les plus d\u00e9vou\u00e9s au Reike en sont capables. Apr\u00e8s tout, ce sont ces fanatiques qui ont retir\u00e9 sa femme et ont tu\u00e9 son fils. Sans leurs titans qu'ils consid\u00e8rent comme des divinit\u00e9s, je serai certainement un homme diff\u00e9rent. Aujourd'hui, c'est sans remords que je m'attaque \u00e0 ce village.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Les arbal\u00e8tes balistiques entament un chant, sifflant chacune tour \u00e0 tour leur carreau d'une longueur incroyable. D\u00e9truisant tout sur leur passage, au sein m\u00eame de leur propre camp, ils savent que nous ne reculerons devant rien. Les cris d'agonie et le vermeil qui s'\u00e9coule sous nos pieds n'est qu'une mise en bouche de ce qui nous attend pour la suite. Je regarde une derni\u00e8re fois le corps de la fillette, avec un soupir, approche ma main des yeux de l'enfant que je ferme avant de reprendre le combat.<br><br>Ce qu'ils appellent Divins ne sont en r\u00e9alit\u00e9 que des engeances venues nous pi\u00e9tiner et d\u00e9truire, car leur r\u00e8gne s'ach\u00e8ve suite aux humains qui ont su se lib\u00e9rer de leurs cha\u00eenes. Ces \u00e9cervel\u00e9s, pensaient-ils r\u00e9ellement pouvoir briser le Reike et r\u00e9cup\u00e9rer la titanide, prisonni\u00e8re sur l'\u00eele du Berceau ? Ils ne peuvent pas comprendre ce qui leur arrive sur le coin de la figure. Nous ne sommes qu'un petit groupe de guerriers d'\u00e9lites au sein de notre nation, l\u00e0 o\u00f9 d'innombrables hommes et femmes sont vou\u00e9s \u00e0 arracher la t\u00eate de personnalit\u00e9 telle que ces \u00e9nergum\u00e8nes qui prient \u00e0 mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous ne sommes qu'un petit groupe de guerriers d'\u00e9lites au sein de notre nation, l\u00e0 o\u00f9 d'innombrables hommes et femmes sont vou\u00e9s \u00e0 arracher la t\u00eate de personnalit\u00e9 telle que ces \u00e9nergum\u00e8nes qui prient \u00e0 mains jointes pour ces monstres gigantesques. Nous, \u00eatres petits et mortels, avons r\u00e9ussit \u00e0 tuer un de leur dieu et emprisonner une autre, une immense victoire qui nous a permis de nous rendre compte que nous pouvons briser ces \u00eatres venus des cieux, semant le chaos et la destruction sur Seka\u00ef. Je n'ai jamais dout\u00e9 de nos d\u00e9fenses, de nos attaques, car les hommes du Reike sont les plus tenaces, les plus aguerris et les plus assidus. Quand je vois les cadavres qui sont amoncel\u00e9s au sein du campement, un semblant de rictus orne le coin de mes l\u00e8vres. Revenant aupr\u00e8s des vaillants guerriers, nous clamons notre victoire quand soudain, la voix d'un des d\u00e9voreurs r\u00e9sonne et nous prenons nos positions car en effet, des petites lumi\u00e8res apparaissent dans notre champ de vision par la br\u00e8che. Quelques balistes sont inutilisables car certaines ont \u00e9t\u00e9 malmen\u00e9es durant le combat contre le campement. Je me dirige vers les hauteurs et commence, avec l'aide d'un autre d\u00e9voreur, \u00e0 mettre en position l'outil balistique qui nous servira \u00e0 empaler ces traitres \u00e0 la nation. Nous cherchons \u00e9galement de quoi recharger, un petit stock de carreau d'une dimension \u00e9tonnamment grande et lourde. Heureusement pour nous, ce n'est l\u00e0 qu'un petit exercice de musculation et nous allons m\u00eame pouvoir nous amuser \u00e0 r\u00e9utiliser ses armes. Nous nous d\u00e9ployons rapidement, d\u00e9blayant les cadavres sur le terrain qui pourraient nous g\u00eaner. D'autant que la fum\u00e9e et les couleurs rougeoyantes qui se d\u00e9gagent des braises donnent un aspect apocalyptique \u00e0 cette sc\u00e8ne. Chaque d\u00e9voreurs s'empressent de r\u00e9cup\u00e9rer les balistes encore utilisables et de les pointer dans la direction de nos ennemis qui s'approchent \u00e0 vive allure. La pluie nous mart\u00e8le et nous avons encore du mal \u00e0 distinguer le nombre de fanatiques qui s'approchent.&nbsp;<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>___________________________<br>\u2014 En position ! Hurle un des commandants, drap\u00e9 d'une armure en m\u00e9tal avec un symbole repr\u00e9sentant une croix. Les hommes sont arm\u00e9s d'\u00e9p\u00e9es et de boucliers, certains portent une torche \u00e0 la main et scrutent l'immense fum\u00e9e noir\u00e2tre qui surplombe les montagnes. Des cendres s'\u00e9chappent des b\u00e2timents en feu un peu plus loin, heureusement pour eux, ils ne sont qu'\u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la position de ce campement et vont pouvoir riposter. Ils pensent certainement \u00e0 une attaque de bandits et esp\u00e8rent que quelques-uns de leurs comp\u00e8res ont surv\u00e9cu. Le temps est rude et bien que la pluie tambourine leur casque et s'infiltre de part et d'autre, ils continuent leur avanc\u00e9e avec une grande discipline. Ce n'est pas de grands guerriers, mais ils savent qu'il ne faut pas foncer t\u00eate baiss\u00e9e face \u00e0 l'ennemi. Ce serait du suicide. Le commandant ainsi que quelques uns de ses hommes portent un cor \u00e0 son ceinturon, il attend d'\u00eatre plac\u00e9 \u00e0 deux miles de la position du camp avant de sonner celui-ci. Les hommes sont en rangs et bien organis\u00e9s, une cinquantaine d'hommes pr\u00eats \u00e0 venir en aide \u00e0 leur compagnon en proie aux flammes. Un premier son de cor r\u00e9sonne, tonitruant et grave. Le commandant attend et rien ne se passe. Il sonne de nouveau dans le cor une deuxi\u00e8me fois et attend, patiemment, avant d'avancer avec ses hommes. C'est alors qu'il entend le son d'un cor provenant du camp. Le commandant toise ses hommes et commencent \u00e0 avancer, toujours sur ses arri\u00e8res. Sait-on jamais ce qu'il peut s'y trouver, alors tous, arm\u00e9s de leur bouclier, se mettent sur la d\u00e9fensive. Un des guerriers \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du commandant commence \u00e0 s'exprimer :<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014 Qu'allons-nous faire une fois sur place ?<br>\u2014 Soigner les bless\u00e9s, enterrer les morts, si tant est qu'il y en a et les aider \u00e0 \u00e9teindre les flammes.<br>\u2014 C'est \u00e9trange qu'il n'y ait pas de cri de panique.<br>\u2014 Attendez...<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le commandant s'arr\u00eate soudain quand, sans crier gare, un carreau d'arbal\u00e8te d'une certaine envergure vint exploser le corps du petit guerrier \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Les \u00e9claboussures de sang vinrent se r\u00e9pandre comme une tra\u00een\u00e9e de poudre sur les hommes plac\u00e9s sur les c\u00f4t\u00e9s, ceux derri\u00e8re le petit guerrier ont \u00e9galement p\u00e9rit. Une petite brochette qui empala deux hommes, morts sur le coup. Un bras et une jambe du petit guerrier voltigent dans les airs avant de retomber avec un bruit sourd. Le commandant sonne dans son cor une nouvelle fois, prit de panique et ordonne \u00e0 ses guerriers de courir. Malheureusement pour eux, le terrain battu et jonch\u00e9 de neige, de boue et de pluie ne va pas les aider dans leur progression. Alors, ils chargent sans sourciller, criant de toute leur force pour se donner du courage.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>_____________________________<br>\u2014&nbsp;Joli tir !&nbsp;dis-je au d\u00e9voreur ayant pris la directive de lancer, tellement impatient semblait-il. Apr\u00e8s tout, nous avions une magnifique ligne droite, bien que cela ne suffira pas. Nos adversaires avancent \u00e0 grand pas, leurs \u00e9p\u00e9es sont brandit et leur bouclier comme protection. N'ont-ils pas compris qu'un carreau de cette taille se fiche \u00e9perdument d'un pauvre bout de m\u00e9tal ? Je prends un carreau, la place sur la baliste et recharge la machine. Cela prend du temps, seulement, je ne suis pas le seul \u00e0 avoir d\u00e9got\u00e9 une de ses armes. Plut\u00f4t efficaces, bien qu'encombrantes et lourdes. Ce genre d'armes irait bien au-dessus des grandes murailles qui entourent Taisen ou Ikusa. Nos c\u0153urs s'enflamment et la hardiesse du combat nous envahit, nous sommes heureux de contribuer \u00e0 la fin de ces religieux fanatiques, errant sur les terres du Nord. Ce menu fretin est un bon exercice pour les D\u00e9voreurs, comme pour moi-m\u00eame. Cela nous change des tours de garde ou des rondes nocturnes. De plus, au Berceau, mis \u00e0 part les cris et les lamentations des prisonniers, Ze\u00ef est silencieuse, parce que sa prison l'emp\u00eache de nous murmurer quoi que ce soit. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de moi, j'entends un carreau qui s'\u00e9lance comme un harpon dans la direction de nos ennemis. On entend un grand fracas, avec des cris d'agonies, de pleurs et de peurs. Je me sens vivre.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014&nbsp;Ils ne sont pas au bout de leur surprise !&nbsp;Esquissais-je d'un sourire. Il est rare de me voir dans de telles conditions. Toutefois, l'ambiance s'y pr\u00eate et j'aime ce chaos, ces cendres, ce carnage et voir tous ces pa\u00efens recouvrir la terre m\u00e8re de leur sang. Je me r\u00e9jouis de cette souffrance et esp\u00e8re que le Reike soit fier de ses valeureux guerriers. Nous repr\u00e9sentons une nation, sous une seule et m\u00eame banni\u00e8re, nous ne plierons pas le genou. Furieux, le plaisir du combat et la haine des h\u00e9r\u00e9tiques nous galvanisent. Apr\u00e8s plusieurs coups de carreaux balanc\u00e9s \u00e0 travers la br\u00e8che, nous nous armons une derni\u00e8re fois de nos armes pour \u00e9radiquer ces cr\u00e9tins. Ils n'ont d'yeux que pour leurs divinit\u00e9s qui les ont abandonn\u00e9s, des sc\u00e9l\u00e9rats qui n'ont pas compris que seuls les mortels sont les plus intelligents et retors. Je ne comprendrais jamais ces vauriens.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2014\u00a0\u00c0 mort !\u00a0Lan\u00e7ais-je.\u00a0Essayer d'en garder un en vie, nous irons le cuire. Avec h\u00e2te, je me pr\u00e9cipite par-del\u00e0 la br\u00e8che et m'avance fi\u00e8rement vers ces salauds, mes lames du chaos en main. Il ne me reste qu'\u00e0 terminer ce tour de danse, prenant un malin plaisir \u00e0 fa\u00e7onner le monde dans lequel nous vivons. \u00c9radiquant la menace qui p\u00e8se sur notre territoire, le Reike n'a pas besoin de religion, de religieux, de croyants en des titans qui \u00e9crasent, annihilent et d\u00e9ciment sans piti\u00e9. C'est \u00e0 nous, porteur d'espoir et combattants de faire le tri. Allons-y gaiement.<br><br><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->","_et_gb_content_width":"2880","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-533","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-aesir"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Froide Punition - Les histoires de Luviel<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/histoire.luviel.fr\/?p=533\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Froide Punition - Les histoires de Luviel\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Texte issu d\u2019un RP collaboratif (Cendres \u2013 Froide Punition, PV Aesir). Publication \u00e0 titre d\u2019archive personnelle. 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